DU BON USAGE DE L’HOMÉOPATHIE

Au moment où l'Homéopathie semble prendre un nouvel essor du fait du nombre croissant de malades qui réclament son secours et de l'intérêt que lui portent certains médecins, il convient de souligner que le problème principal qu'elle pose n'est pas celui de son efficacité.

Son efficacité est évidente pour ceux qui se donnent la peine de l'étudier ou de l'essayer.

Le vrai problème est de savoir s'en servir.

Car ce qui change lorsqu'on se soigne par l'Homéopathie ce n'est pas le médicament qu'on prend (des granules au lieu de comprimés) mais c'est la façon d'aborder la maladie et c'est le but du traitement.

Faute de comprendre cela, l'Homéopathie ne donnera jamais sa mesure. Elle n'apportera jamais que des miettes alors qu'elle renferme des richesses extraordinaires. Elle retombera dans l'oubli comme une civilisation perdue.

D'autre part notre siècle est celui de l'information. Les malades supportent mal les ordres et les ordonnances. Ils ne veulent plus faire confiance, ils veulent comprendre. Ils sont tout à fait aptes à participer à leur guérison si on leur explique la valeur réelle de la guérison.

Ainsi, plutôt que de montrer les succès de l'Homéopathie par des exemples - c'est-à-dire d'une façon partielle - il m'a paru plus important d'en démonter les mécanismes pour que les malades qui consultent apprennent à se servir de l'instrument avec ses règles et, osons dire le mot, ses exigences.

I - POURQUOI LES MALADES VIENNENT À L'HOMÉOPATHIE

a) la peur de l'Allopathie
b) la recherche des miracles

Il - LES PRINCIPES DE L'HOMÉOPATHIE

a) la vraie guérison
b) la totalité des symptômes
c) le mal par le mal
d) les doses infinitésimales
e) le mode d'action de l'Homéopathie
f) les buts de l'Homéopathie
g) les limites de l'Homéopathie
b) les oppositions a l'Homéopathie

III - LE MODE D'EMPLOI DE L'HOMÉOPATHIE

a) la recherche des signes
b) les médicaments devant le traitement homéopathique
c) les médicaments pendant le traitement homéopathique
d) la prise du remède
e) le moment des prises
f) le rythme des prises
g) la durée du traitement
h) les réactions au traitement

I- POURQUOI LES MALADES VIENNENT À L'HOMÉOPATHIE

a) la peur de l'Allopathie.

Les gens qui se tournent vers l'Homéopathie, ne le font pas parce qu'ils ont été convaincus du bien fondé de ses principes et de ses méthodes.

Ce sont tous des déçus de l'Allopathie :

qu'ils aient une affection que l'Allopathie ne peut guérir,
soit qu'ils aient connu des problèmes avec les traitements qu'ils ont reçus.

Nos consultations sont pleines de ces enfants qui ont reçu des antibiotiques chaque semaine pour des rhino-pharyngites, otites, bronchites, et dont les mères sont excédées devant la répétition des accès fiévreux pour lesquels les médicaments (toujours les mêmes) ne font qu'accompagner l'enfant dans la perte de ses forces sans jamais pouvoir prévenir les récidives.

Nos consultations sont pleines de ces gens qui, sans cesse depuis le début de leur maladie, prennent le même diurétique pour leur maladie de coeur, le même vasodilatateur pour leurs artères, le même sédatif pour leur tension, le même pansement pour leur intestin, sans avoir jamais l'espoir de les arrêter.

Nos consultations sont pleines de ces gens qui sont effrayés par les effets secondaires de leurs médicaments. Certains ont vu d'autres organes se détraquer à la suite d'un traitement, ajoutant des misères supplémentaires à leurs souffrances. Certains sont simplement paralysés par la peur à la lecture des notices qui accompagnent les médicaments. Ces notices d'ailleurs sont là pour indiquer nettement au malade qu'on ne peut avoir une parfaite confiance en son médecin et qu'une erreur est toujours possible qui pourrait avoir des conséquences redoutables. Cela n'est pas fait pour donner envie de se soigner et certains y renoncent.

Les angoisses qui sont les troubles les plus souvent engendrés par notre vie moderne sont traitées par des médicaments merveilleux mais qui ont deux inconvénients majeurs. Le premier est de n'avoir aucun effet sur la maladie qui cause les angoisses. Le second est d'endormir le cerveau. De sorte que ces gens qui ont peur de ne pas arriver à vivre normalement, assistent à la diminution de leurs facultés par le médicament qui devrait les aider. C’est le type même de situation qui expérimentalement entraîne des troubles mentaux. On peut parfois, dans les états plus graves qu'on appelle dépression, recourir à des médicaments plus forts et plus stimulants du cerveau mais il est reconnu par tous les médecins que le risque majeur alors, par l'effet même du traitement, est le suicide ! Pour éviter cela on endort encore un peu plus le cerveau du malade par des tranquillisants supplémentaires de sorte que le malade est pris dans l'étau d'un piège qui se referme sur lui avec certitude pour lui faire perdre sa personnalité et ses facultés mentales ou physiques.

Nous pouvons également dire un mot des merveilleux somnifères, médicaments indispensables au confort de millions de personnes mais qu'on ne peut jamais cesser. C'est le traitement d'entretien... des portefeuilles des médecins et des pharmaciens. Si on les arrête, on est immédiatement puni par une nuit sans sommeil. Les malades ne s'y trompent pas lorsqu'ils disent que pour eux c'est une drogue, puisqu'il y a à la fois accoutumance (on augmente sans cesse les doses) et assuétude (on ne saurait s'en passer). Et ce sont des médecins qui délivrent cela, comme s'il était moins grave de se droguer lorsqu'on le fait sur l'ordre des médecins et au bénéfice des laboratoires pharmaceutiques.

b) la recherche des miracles.

Force est donc de constater que tous les malades ne sont à la recherche que d'une seule chose : une médecine anodine.

De nombreux commerçants l'ont parfaitement compris et on voit apparaître sans cesse et partout des médecines naturelles qui font autant de promesses que les campagnes électorales : "Demain on fera des miracles."

Ce besoin de médecine anodine devrait faire réfléchir fortement les médecins. En effet, quelle idée les gens se font-ils de la médecine ? N'y a-t-il pas actuellement un courant de pensée qui cherche à tuer la médecine et les médecins ? En s'écroulant l1édifice ne risque-t-il pas d'entraîner avec lui les malades qui sont déjà minés par l'inquiétude et le manque de confiance ?

Mais il y a plus grave dans cette idée de médecine anodine. Il y a un problème de civilisation; en fait le problème du prix que les gens sont prêts à payer à la maladie. On ne prépare pas les gens à la mort ni à la maladie. On leur cache la réalité du combat inévitable que nous aurons tous fatalement à mener avec l'aide des médecins.

Or nous vivons dans un monde où les gens n'aiment pas se casser la tête. Si c'est compliqué, ils refusent. Si ce n'est pas pratique, ils abandonnent.

Les gens ont vis-à-vis de leur corps la même attitude qu'ils ont vis-à -vis de leur voiture. Lorsque la voiture ne va pas, on ne peut absolument plus vivre et on ne sait pas accepter qu'elle vieillisse. En laissant les clés au garagiste on dit :" Je ne comprends pas pourquoi elle ne marche pas. Profitez-en pour regarder l'huile car le voyant s'allume depuis trois mois. Vous me mettrez une poignée à la porte. Regardez aussi à l'arrière, il y a un bruit. Pendant que vous y êtes, lavez-là. Je reviendrai dans vingt minutes. Il faut que tout soit arrangé. D'ailleurs je paye pour cela...". Les malades ne sont pas concernés par leur corps pour lequel ils réclament des traitements énergiques car "ça va plus vite". Ils veulent seulement que le médecin fasse "son travail". Mais en même temps ils font tout pour qu'il ne le fasse pas vraiment, tant ils refusent d'être un tant soit peu dérangés par un examen. Ainsi une prescription de pilule sur deux m'est demandée après m'avoir consulté pour plusieurs autres problèmes et après que mon examen et mon ordonnance soient terminés. C'est la main sur la poignée de la porte que la malade feint de se souvenir soudain qu'il lui faut son contraceptif et elle est très déçue lorsque je la fais se re-déshabiller.

Il y a également beaucoup d'amateurs de la médecine vétérinaire: "Je suis là, c'est déjà bien beau, ne m'embêtez pas avec vos questions". Leur rêve est celui d'une médecine où on se passe de médecin. Ils l'auront bientôt Si nous n'y prenons pas garde.

Il faut reconnaître que nous vivons dans un monde où tout est fait pour nous faire croire aux miracles. Nous sommes sans cesse assaillis par les médias et les voisins. Ils nous racontent des histoires qui nous parlent au coeur car elles ressemblent aux contes merveilleux de notre enfance, et ils arrivent à nous faire oublier leur incompétence.

Les médias depuis des années parlent beaucoup des formidables progrès de la médecine. En regardant la télévision, en écoutant la radio, on est persuadé que des miracles se font sans cesse. On montre d'une façon indécente, pour glorifier leurs sauveurs, des gens qui souffrent. On oublie volontairement de montrer combien c'est long et humiliant de souffrir. Tout doit sembler facile ,sinon les clients changeraient de programme.

Avec le voisin aussi tout semble facile: "Mon cousin a eu la même chose que vous..." La même chose ? Comment le savez-vous ? Savez-vous vous-même ce que vous avez ? La plupart du temps les médecins ne livrent pas leur diagnostic ou livrent un diagnostic simplifié au malade pour l'encourager à supporter ses misères (c'est une grippe...) ou pour ne pas l'effrayer. Il sait que tout le monde ne peut pas comprendre et qu'il y a parfois une différence considérable entre ce que les gens imaginent et la réalité.

Cependant les gens ont pris l'habitude de parler entre eux de leurs maladies. Dans certains endroits comme les marchés et les foyers de personnes âgées, c'est devenu le seul sujet de conversation, appelé par le traditionnel "Ca va ? "-"Non.".. et c'est parti ... Il y a à travers la maladie une recherche de valorisation personnelle. On a le mérite de ses maladies, de ses médicaments, de son médecin.

Car on cherche aussi à briller par le choix de son médecin. "Moi, j'ai un bon médecin..." Voilà la vraie richesse, et en plus une richesse qu'on peut étaler sans crainte des impôts. "Ce sont tous des cons, mais moi je suis un malin. J'en ai déniché un bon, j'ai su le reconnaître comme tel et j'ai su en profiter ». Ce nouvel "ami" plein de sollicitude - il a plus de sollicitude pour votre santé que vous en avez vous-même qui ne savez pas vous débrouiller - acceptera de vous faire partager son secret et de vous livrer le "Sésame" de la bonne santé pour peu que vous sachiez implorer sa générosité. Mais ne croyez pas qu'il veuille votre bien ni qu'il veuille que vous admiriez son médecin: il veut seulement se faire valoir, se mettre en avant. Mais vous vous acceptez très vite de penser "Si j'en suis là, c'est parce que j'ai été trop bête pour avoir un bon médecin". Et vous voilà piétinant ce médecin auquel, un instant auparavant, vous confiez encore votre bien le plus précieux, la santé. Être malade est une chose dont on a peur, c'est naturel. On ne sait jamais si on va guérir ou rester diminué. On n'est jamais sûr de faire absolument ce qu'il faut. C'est parce qu'ils vous sentent vulnérables, que les gens exploitent votre faiblesse et en profitent pour se faire valoir. C'est exactement le contraire de la charité. Cette charité vous êtes assurés de la trouver chez votre médecin en plus d'une expérience qui ne saurait se comparer avec celle de vos voisins : chaque fois que ces gens là entendent vaguement parler d'un cas, votre médecin lui en prend cent, mille, dix mille en charge, à longueur de vie, et complètement, et de façon responsable.

Dans une telle ambiance, demander au malade la moindre précision - alors que votre voisin n'en a besoin d'aucune - pour le soigner plus complètement, est une gageure ridicule que seuls les médecins homéopathes osent tenter. Parce qu'ils sont médecins, ils savent tous les inconvénients de la médecine du 20 ème siècle. Parce qu'ils sont homéopathes, ils savent tous les avantages que présente la méthode et les résultats merveilleux qu'elle donne. Il ne tient qu'à vous de le savoir également : vous serez vite récompensés.

Mais il ne suffît pas de proclamer qu'on vote contre l'Allopathie. Voter contre pour détruire, nous savons que c'est négatif et irréaliste. Il faut être prêt à construire quelque chose à la place, donc être prêt à suivre des règles et à accepter les efforts que cela demande. On a rien sans effort.

Il- LES PRINCIPES DE L'HOMEOPATHIE

Pour tenter d'expliquer ce qu'est l'Homéopathie, nous nous référerons à des exemples de la vie de tous les jours. C'est la seule façon de faire bien sentir combien nous sommes installés confortablement dans nos habitudes de pensée ou même dans nos réflexes et combien l'Homéopathie, par son essence même, remet tout cela en question.

Cependant toutes ces vérités que nous allons énoncer, si évidentes qu'on ne les voit plus, si naturelles qu'elles sont subies comme des fatalités, trouvent toutes une réponse dans un ouvrage publié il y a environ 200 ans par le fondateur de l'Homéopathie Samuel HAHNEMANN. Et inévitablement, immanquablement notre pensée est ramenée à cet ouvrage de base que peu de médecins, même homéopathes, ont lu et qui s'appelle "l'Organon de l'art de guérir".

Nous parlerons souvent de cet ouvrage initial de l'Homéopathie. Non pas par goût des choses anciennes mais pour montrer combien ces choses anciennes sont d'une actualité brûlante et montrer également que 200 ans n'ont pas permis de se rapprocher de la solution. Quel gâchis et que de temps mal employé !.. Il ne s'agit pas d'une bible, car l'Homéopathie n'est pas une religion à laquelle il faut croire dans un peuple de fanatiques, mais d'un ensemble d'évidences qu'il suffit de savoir regarder. Ce n'est pas non plus une philosophie, même si son titre, l'Organon (l'Instrument), évoque les traités sur la Logique d'Aristote, ce qui devrait bien rassurer les Cartésiens. C'est simplement une invitation à regarder les choses autrement.

Il est seulement amusant de se souvenir, lorsqu'on cite l'Organon, qu'il s'agit d'un ouvrage jetant les bases d'un système cohérent d'étude de la vie à une époque où l'empirisme était absolu en médecine. Actuellement l'empirisme s'abrite derrière des touffes de justifications scientifiques, cactus esseulés dans le désert de notre ignorance. Et les toques de nos maîtres, si elles habillent de prestige leurs dires, ne sauraient nous faire oublier tout ce qu'ils ignorent encore sur la vie et ce qu'il y a de vaniteux dans leurs théories. Ce qui était vrai hier, ne l'est plus aujourd'hui. On brûle facilement ce qu'on avait coutume d'adorer. Souvenez-vous seulement des levures qui, il y a dix ans, devaient accompagner tous vos antibiotiques et qui maintenant sont considérées comme un luxe inutile, voire une faute.

Quoiqu'il en soit HAHNEMANN a dès la fin du 18 ème siècle mis au point un système qui, pour analogique qu'il fût, n'en était pas moins scientifique. Les cybernéticiens ont en effet montré la validité des systèmes qui ne s'appuient pas sur un raisonnement cartésien, mais qui sont largement vérifiés par l'expérience de chaque jour. Le système d'HANNEMANN est encore valable aujourd'hui, lui, et il guérit à chaque instant des milliers de malades. Il convient d'ajouter enfin que dans l'Organon, HAHNEMANN a parlé de l'expérimentation avant Claude BERNARD et de médecine psychosomatique avant FREUD. Il ne peut donc y avoir de meilleur avocat pour défendre sa propre cause et nous l'appellerons souvent à notre aide.

a) la vraie guérison.

Le but principal de l'Homéopathie est de guérir.

Cette vérité, inscrite dès la première ligne de l'Organon, fait sourire ceux qui n'ont jamais réfléchi au problème de la maladie et de la guérison. Malades comme médecins pensent qu'on n'a pas attendu après l'Homéopathie pour guérir, que le monde est fort heureusement rempli de millions de gens guéris sans que l'Homéopathie n'ait rien à voir là dedans et qui sont là pour attester et glorifier la validité de la Science médicale.

Mais le point essentiel est de savoir faire la différence entre palliation et guérison.

Faire de la palliation, c'est donner un médicament dans le but de soulager les symptômes pour lesquels le malade consulte. Mais ces médicaments n'évitent pas que les symptômes réapparaissent d'une façon habituelle à la moindre nouvelle agression de sorte que le malade est contraint à des restrictions permanentes dans ses facultés et obligé à des traitements répétés ou permanents.

Apporter la guérison c'est redonner la santé à l'individu d'une façon complète, totale et durable de sorte qu'il se sente bien non seulement pour la maladie qui l'a amené à consulter mais dans la totalité de son être, maintenant et dans l'avenir. La guérison change le mode réactionnel de l'individu aux agressions extérieures et aux agressions des maladies. C'est le but de la vraie médecine.

Prenons un exemple. Vous avez un rhume. Vous allez consulter votre médecin. Il vous donne des médicaments.

Vous n'avez plus de rhume(un rhume non soigné dure une semaine, un rhume soigné dure sept jours). Vous pensez que vous avez été guéri.

Vous n'avez pas vu le vrai problème.

La question à laquelle vous avez omis de répondre est de savoir ce qui s’est détraqué dans votre organisme pour qu'il fasse un rhume. Faute de répondre à cette question vous serez victime du prochain rhume de la même façon que vous avez été victime du premier, puisque vous n'aurez rien fait pour lutter contre la raison réelle de la maladie.

Car si vous croyez qu'un rhume est dû au hasard, que deux rhumes de suite c'est une malchance et que cinq rhumes pendant l'hiver c'est une fatalité survenue parce que vous avez une "nature" à faire des rhumes, si vous croyez que vos douleurs vous frappent parce que vous avez une "nature" à avoir des douleurs, ne perdez pas votre temps à lire plus avant et continuez à vous soigner par l'Allopathie...

Qu'on ne me parle pas de contagion. Il est d'expérience quotidienne que deux personnes peuvent se coucher dans le même lit sans faire la même infection. On parle de terrain à attraper des maladies et c'est encore de terrain qu'on parle lorsqu'un traitement choisi de la façon la plus scientifique n'atteint pas le but souhaité : la thérapeutique était bonne mais le terrain mauvais.

Qu'on ne me dise pas non plus que le rhume est une maladie des voies respiratoires car c'est toujours l'ensemble de l'organisme qui répond à l'agression. Certains malades enrhumés ont des courbatures, d'autres des insomnies, d'autres ne peuvent plus penser. C'est une maladie humiliante; on a une si petite chose et on en conçoit une si grande gêne ; on est fui par tout le monde sans compassion. Voilà qui n'est pas négligeable pour le malade qui ressent tout cela et donc pour le médecin qui veut réellement aider son malade.

Pour d'autres malades enfin un rhume sera l'occasion de voir se réveiller une peur panique du cancer qu'aucune pulvérisation pour le nez ou la gorge ne saurait soigner et que le malade n'exprime pas lorsqu'il vient consulter. La surenchère des médicaments pour les voies respiratoires s'installe, mais aucun ne guérit la peur du cancer. Ce qui est vraiment à soigner chez un tel malade, ce n'est pas le rhume (voir Organon par. 3).

Prenons un autre exemple. Chaque fois que vous faites un repas un peu plus important que d'habitude, vous avez mal à l'estomac. Ce n'est pas très grave. Votre gastro-entérologue vous a parfaitement rassuré : il n'y a ni ulcère, ni cancer. Mais cela dure depuis 10 ou 20 ans et vous n'imaginez pas que vous puissiez faire autrement : depuis 10 ou 20 ans vous allez chez le pharmacien après chaque gueuleton et vous achetez une boite de pastilles qui vous soulagent instantanément ou en quelques jours. Tout va bien jusqu'aux prochaines fêtes de famille ou jusqu'au prochain "dîner d'affaires". Vous avez fait de la palliation, pas de la guérison. Votre traitement, qu'il soit des pastilles de bicarbonates ou des granules homéopathiques tirées d'un livre de recettes ou prescrites par un médecin peu scrupuleux, n'est pas le bon. Le but de l'Homéopathie n'est pas de vous permettre de digérer des pierres, ni de pouvoir mettre des tonnes de moutarde ou de piment sur vos aliments; le but est de pouvoir vivre comme tout le monde, sans avoir besoin dès que vous mangez un peu plus ou dès que vous buvez un verre de vin, de recourir à des béquilles indispensables à votre confort.

Lorsque vous mettez une pommade sur un genou rhumatisant, vous soulagez un peu votre douleur, mais le rhumatisme est toujours là. Votre palliation vous obligera à mettre de la pommade chaque jour, mais votre articulation continuera à se déformer et à se raidir sous vos yeux.

Si votre enfant fait de la fièvre, votre premier réflexe est de lui mettre un suppositoire pour faire baisser la fièvre. Mais vous êtes-vous demandé ce que devient dans tout cela la maladie qui a causé la fièvre ? Qu'est-ce qui vous permet de penser qu'elle va "s'arranger" ? Si votre enfant a le microbe de l'angine, est-ce que le microbe va s'en aller ? Est-ce que le suppositoire contre la fièvre va nettoyer sa gorge ?

Si votre enfant débute une méningite, que peut votre suppositoire ?

Vous avez fait de la palliation, parfois même vous avez perdu un temps précieux pendant lequel la maladie s'est installée plus profondément. Je sais, vous n'êtes pas responsable. C'est votre médecin qui vous a dit de faire comme cela pour ne pas être dérangé au milieu de la nuit, pour son confort à lui et pour votre confort à vous qui paniquez devant les chiffres de la fièvre. Mais pas nécessairement pour la santé de l'enfant.

La fièvre est une réaction salutaire de l'organisme et des travaux récents ont montré qu'elle limite la prolifération des microbes et des virus; avoir 40° est le seul traitement connu actuellement pour tuer les virus. Les pédiatres promoteurs du « suppositoire qui fait baisser la fièvre » s'abritent derrière le "risque convulsif" et il est vrai que la convulsion du nourrisson, d'ailleurs exceptionnelle après l'âge de 1 an, est une expérience difficile et impressionnante pour les parents. Mais vaut-il mieux savoir qu'un cerveau est susceptible de convulser quand les parents sont là pour donner des soins attentifs au nourrisson et éventuellement l'emmener à toute allure à l'hôpital, ou vaut-il mieux attendre que l'enfant fasse un retard de développement intellectuel à cause des absences (mini crises d'épilepsie où l'enfant semble dans la lune) qu'il fera en classe, ou mieux encore découvrir que ce cerveau souffre à cause des crises d'épilepsie qu'il fera, plus grand, au volant de sa mobylette ou de sa voiture ? Parents, à vous de choisir ! Pour moi, le choix est fait. L'Homéopathie fait toujours baisser la fièvre en quelques heures parce qu'en plus elle rend la santé à l'enfant en guérissant la maladie qui a causé la fièvre et en redonnant à l'organisme une énergie nouvelle. Parce que l'Homéopathie vise la guérison et non la palpation.

b) la totalité des symptômes.

Pour traiter une maladie, le Médecin allopathe observe les symptômes de la maladie afin de faire un diagnostic. C'est-à-dire que parmi les plaintes du malade il sélectionne ce qui est significatif d'une maladie, ce qui peut être rattaché à une maladie et il élimine tout ce qui est personnel. Il exclue bien sûr les plaintes qu'il ne peut expliquer, qu'il ne sait pas rattacher à la maladie, mais qui cependant existent. Lorsqu'un certain nombre de symptômes vont dans le sens d'un diagnostic, le médecin dit "c'est telle maladie" et le malade entre avec sa maladie dans une catégorie. On dit que le médecin est allé du particulier au général. Alors il ouvre un tiroir de sa mémoire et il en sort l'ordonnance typique pour la maladie en question, ordonnance qu'il peut bien sûr moduler en fonction de la tolérance aux médicaments de son malade, mais qui en gros est toujours la même pour une maladie donnée, quelque soit le malade.

Pour traiter une maladie, le Médecin homéopathe observe ce qui est particulier à son malade, c'est-à-dire la façon dont le malade fait sa maladie. Il y a bien sûr tous les symptômes de la maladie et le médecin homéopathe doit être capable de les reconnaître pour ne pas les confondre avec les signes du malade. Et c'est en partie à cause de cela que l'Homéopathie ne peut être pratiquée que par des médecins. Chaque malade fait sa maladie d'une façon différente que seule l'expérience de la maladie permet de reconnaître.

Revenons à la fièvre de votre enfant. Le Médecin allopathe vous demande "combien votre enfant a-t-il de fièvre ? Cela lui sert à évaluer l'importance de la maladie, mais le seul but de votre médecin est en réalité de savoir si votre enfant a une otite ou une angine pour orienter le traitement dans une direction ou une autre. De toute façon ce sera un antibiotique plus quelques petits soins locaux.

Le Médecin homéopathe, lui, cherchera à tirer des renseignements sur le tempérament de l'enfant selon la façon dont il fait sa fièvre. En effet si votre enfant a 40° et se couvre, grelotte au fond de ses couvertures, est tout pâle et refuse de boire, ce ne sera pas le même malade, pour le médecin homéopathe, qu'un enfant qui a 40°, se découvre, a chaud, est tout rouge, et boit sans arrêt. Ce sont deux enfants qui ont 40; c'est peut-être dans les deux cas la même maladie; un médecin allopathe aurait sans doute fait la même ordonnance à ces deux enfants. Mais pour moi et pour tous les médecins homéopathes, ceux sont deux enfants différents et qui ne sauraient relever du même traitement. S'il existe une telle différence entre eux, ce n'est pas sans raison et cela signifie quelque chose. En tout cas cela est utilisable par le médecin homéopathe qui observe les signes que présente le malade et non pas seulement les maladies.

Et maintenant que j'ai un petit peu attiré votre attention sur ces différences, maintenant que vous commencez à vous rendre compte qu'il y a des différences et qu'il est utile de les observer, remettez-vous en mémoire la dernière épidémie de grippe qui a frappé 3 ou 4 membres de votre famille.

N'est ce pas qu'il n'y en avait pas un qui se comportait de la même façon ? En gros tous avaient les symptômes de la grippe : début brutal, forte fièvre, courbatures musculaires. Mais les uns étaient très abattus alors que d'autres semblaient peu gênés par leur forte fièvre. L'un préférait rester sans bouger, l'autre préférait bouger parce que cela calmait ses douleurs. L'autre était grognon, irritable, envoyait tout le monde balader. Chacun avait une soif différente : l'un pas du tout, l'autre beaucoup, l'autre seulement pour des boissons froides, l'autre pour des boissons chaudes. Chacun faisait sa maladie à sa façon. Et chacun aurait eu un remède homéopathique différent. On est parti du général, la grippe, et on est allé au particulier : la façon de faire sa grippe, particulière à chaque individu.

Parce que ce mode réactionnel est caractéristique de l'individu et de la façon dont son énergie propre se défend contre l'agression de la maladie, on peut dire que ces signes sont une indication de son tempérament. Le médecin homéopathe en tire des conclusions pour connaître l'individu et pour le soigner maintenant et dans l'avenir. C'est en partie à cause de cela que je pense qu'il est indispensable que le médecin homéopathe se rende disponible pour recevoir rapidement les malades au cours de leurs maladies aiguës.

Vous avez pu observer que le Médecin homéopathe qui cherche à soigner un malade atteint de la grippe s'intéresse à la façon dont ce dernier fait sa fièvre, mais aussi à sa soif, mais également à son caractère.

En effet ce qui compte ce n'est pas le bout de l'individu qui est malade, mais la totalité de l'individu. Il ne saurait être question de faire comme les allopathes qui sont de plus en plus spécialisés, disséquant l'individu en petits morceaux pour mieux l'analyser. Le médecin homéopathe, lui, prend du recul et observe l'individu entier. Il n'analyse que pour mieux faire la synthèse, c'est-à-dire pour mieux comprendre chaque malade dans sa totalité et mieux le soigner dans sa totalité (Organon par. 7).

C'est pour cela que, au patient qui me demande "c'est pourquoi ce que vous m'avez donné ? ", je réponds "c'est pour tout" ... Alors le regard du malade m'indique combien cette idée désoriente les gens qui sont habitués à penser autrement.

c) le mal par le mal.

D'ailleurs le principe de l'Homéopathie le plus communément connu " on soigne le mal par le mal " ne fait que confirmer cette idée de la totalité des symptômes.

En effet, qu'est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que si une substance donnée est capable chez un individu sain de produire un certain nombre de réactions, cette substance sera celle qu'il faudra donner à l'individu malade qui aura ces mêmes réactions vis-à-vis de la maladie.

Prenons encore une fois un exemple. Vous donnez de l'Arsenic à un individu sain. Pas une forte dose, car sinon vous ne verrez rien, sauf le croque-mort; ce n 'est pas le but et vous donnez des petites doses. Vous voyez apparaître dans tous les cas des vomissements, des diarrhées, une gêne respiratoire, des signes d'intoxication à l'Arsenic. Mais pour l'observateur averti deux choses apparaissent évidentes. La première c'est que les signes de l'intoxication ne se manifestent pas que sur un organe (l'estomac ou l'intestin ou le poumon) mais sur l'ensemble de l'organisme. Si on regarde bien, on verra que le visage est pâle, que la bouche est pleine de sang, que la peau démange, que les muscles sont faibles, etc. ... Dans chaque partie de l'organisme se manifestent des signes dans une succession d'ailleurs caractéristique (cf. WOODWARD)

De la même façon lorsqu'on donnera le remède Arsenic choisi selon les principes de l'Homéopathie, on sait que le remède agira sur toutes les parties de l'organisme.

La seconde notion qui apparaîtra lors de l'essai d'une substance sur un individu sain, dans notre exemple lors de l'intoxication par l'Arsenic, c'est que, si tous les gens qui reçoivent de l'Arsenic font des troubles digestifs, le plus grand nombre les feront d'une certaine façon : leurs brûlures seront améliorées par des boissons chaudes. Si tous font des angoisses, un grand nombre d'entre eux fera des angoisses à deux heures du matin. Dans la façon de faire des brûlures d'estomac, dans la façon de faire des angoisses, est apparue une modalité réactionnelle caractéristique de l'Arsenic et caractéristique d'un certain nombre d'individus chez qui cette sensibilité particulière à l'Arsenic pourra se manifester pour de très faibles doses de toxique. Les symptômes de cette modalité réactionnelle, ces symptômes si particuliers, auront une très grande valeur pour l'Homéopathe et définissent le "type sensible", le type de malade qu'on pourra guérir par ce remède précis.

d) les doses infinitésimales.

Mais rassurez-vous, on ne vous donnera pas de l'Arsenic pour vous soigner. L'inventeur de l'Homéopathie pensait comme vous et moi que le médicament ne doit pas tuer le malade ni provoquer une maladie plus grave que celle qu'on désire soulager. C'est pour cette raison qu'il chercha à diminuer les effets nocifs des remèdes en les diluant de plus en plus. Il indiqua la nécessité d'ajouter à cette dilution une succussion(des secousses). L'ensemble succussion plus dilution s'appelle la dynamisation. Or il constata rapidement que plus la dynamisation est grande plus les effets du remède sont profonds et importants, plus les réactions de l'organisme sont énergiques. Plus la dynamisation est élevée, plus le remède agira dans toutes les parties de l'organisme, sur la totalité de l'organisme. De sorte que lorsqu'on arrivera à n'avoir plus que quelques atomes ou quelques fractions d'atomes de la molécule qui sert à préparer le remède, on atteindra une importance d'action encore plus grande. HAHNEMANN faisait de la médecine à l'échelle atomique avait l'aire atomique. La Science n'a pas encore compris la raison de cette action à si faible dose, mais vous pouvez être certain qu'elle le comprendra un jour. En attendant c'est un fait confirmé chaque jour.

Ce qui compte en Homéopathie ce n'est pas la quantité mais c'est la qualité, c'est-à-dire le niveau de dynamisation choisi par le médecin.

D'ailleurs - aussi déroutant que cela paraisse pour des gens qui ont l'habitude de considérer les médicaments comme dangereux - lorsqu'on me demande "Combien j'en prends ? " je réponds " ce que vous voulez ". Et là encore je provoque des grands désespoirs chez les gens qui veulent bien « essayer l'Homéopathie » mais pas remettre en question ce qu'ils ont tenu comme sacré depuis leur naissance.

Ainsi les principes de l'Homéopathie « le mal par le mal »" et les doses infinitésimales ne sont qu'un aspect de la règle fondamentale qui domine tout, celle de la totalité des symptômes, règle qui indique le chemin à suivre pour que le remède aboutisse à une vraie guérison.

e) le mode d'action de l'Homéopathie.

Vous commencez maintenant à connaître les principes de base de l'Homéopathie, mais vous vous demandez comment et pourquoi elle agit.

J'aurais pu vous dire qu'en Allopathie il y avait des milliers de choses inexpliquées et la médecine a tellement d'ignorances évidentes que quelques boutades m'auraient permis de sortir du piège en mettant les rieurs de mon côté. Cependant je ne pouvais pas décemment esquiver la question puisqu'il est vrai que certains se la posent et puisqu'il existe une proposition faite par l'inventeur de l'Homéopathie.

Mais nous approchons là un domaine théorique qui n'a pas bien sa place dans un écrit qui se veut pratique et clair pour tout le monde. Les lignes qui suivent traitent d'un domaine de réflexion si inhabituel qu'on ne peut le rendre évident ni simple à comprendre. De sorte que vous ne devez pas avoir de gêne à remettre la " digestion " de ces lignes à plus tard. L'idée fera son chemin en vous et vous la retrouverez au moment voulu.

Lorsque S. HAHNEMANN comprit et expérimenta sur lui-même que le quinquina ( habituellement utilisé pour combattre la fièvre ) était susceptible de provoquer de la fièvre, sa constatation aurait été de faible portée s'il ne l'avait replacé dans le cadre d'une réflexion plus profonde sur la maladie.

Vous avez déjà constaté qu'une maladie chasse l'autre. Quand vous avez une crise de foie, un dérangement digestif, tout le temps où vous avez mal dans le ventre vous n'avez plus mal à votre rhumatisme, puis le mal de ventre disparaît et progressivement votre douleur rhumatismale reprend son cours. D'autres ont constaté que pendant un mal de dents ils n'ont plus de crise d'asthme. D'autres ont constaté que lorsqu'ils ont dans leur vie une mauvaise nouvelle, une très grosse contrariété, une très grosse préoccupation, leurs douleurs habituelles ne les ont plus gênés pendant un certain temps, puis sont réapparues comme s'il suffisait d'y penser pour les sentir à nouveau. Cela est souvent interprété comme la preuve que les douleurs de ces gens sont " psychiques ", mais c'est faire bon marché de leur mal qui est réel, c'est piétiner la réalité de leurs lésions. Ils sentent bien que tout s'est passé comme si la maladie avait été un instant comme sidérée par autre chose. Les scientifiques les plus au fait des derniers développements de la médecine diront qu'ils ont une explication évidente à ce genre de phénomène. Une douleur violente, dans le ventre par exemple, déclenche la fabrication par l'organisme de fortes quantités de substances chimiques semblables à la morphine (substances morphino-mimétiques - médiateurs chimiques - neurotransmetteurs) qui inondent l'organisme de sorte que les douleurs habituelles ne se sentent plus. Nous ne saurions nous contenter de cette explication qui indique bien que l'organisme a la faculté de fabriquer des substances contre la douleur même si elle est très vive, mais qui n'indique pas pourquoi ce même organisme ne fait rien contre nos douleurs de tous les jours, contre les petites courbatures musculaires qui conduiront à des lésions arthrosiques des articulations, contre les spasmes des bronches qui produisent l'asthme. Ces théories sur la chimie du cerveau, pour précieuses et séduisantes qu'elles sont, ne rendent pas compte des modifications que nous observons dans le cours des maladies lorsque nous prenons du recul.

Nous autres médecins nous rencontrons des tas d'exemples de ces phénomènes dans notre pratique quotidienne, mais nous n'y prêtons pas beaucoup d'attention parce que nous ne savons pas en tirer parti. Lorsqu'il y a une épidémie de vraie grippe, nous ne voyons plus les maladies qui nous occupent si fortement habituellement et les enfants qu'on nous montre n'ont plus ni le nez plein de pus ni les tympans tout rouges. Dans les hôpitaux psychiatriques, il est bien connu que les malades mentaux sont moins agités lorsqu'ils ont une maladie de peau. Qu'une pommade vienne supprimer cette éruption, et l'agitation reprend.

Lorsque nous écoutons bien nos malades, nous découvrons des choses encore plus surprenantes. Certains nous disent : " Avant j'avais tel ou tel trouble, je ne l'ai plus maintenant " et nous nous demandons comment un tel miracle a été possible; alors nous posons des questions plus précises sur cet " avant ". C'est avec surprise que le médecin découvre (souvent en même temps que le malade) qu'il y a eu un évènement, une maladie ou une opération, qui semble avoir brusquement changé le mode réactionnel du malade. L'histoire de la maladie du sujet semble avoir fait volte-face, un virage à 180°; rien n'est plus pareil. Nous sommes habitués à ce qu'une agression physique ou psychique provoque des troubles, mais nous n'avons pas bien l'habitude d'observer lorsque cette même agression provoque la disparition des troubles.

Ainsi il existe une sorte de concurrence des maladies entre elles. Certaines semblent avoir plus ou moins de force, certaines paraissent l'emporter sur d ' autres.

A l'époque d'HAHNEMANN les maladies infectieuses étaient très préoccupantes, les grandes épidémies étaient très dangereuses et JENNER venait de découvrir que la vaccine était une maladie de faible force, très semblable à la variole, mais qui protégeait contre la variole.

Le mérite de HAHNEMANN fut de constater que lorsque deux maladies étaient très différentes (il disait dissemblables) une maladie de faible importance pouvait interrompre provisoirement le cours d'une maladie grave, mais la maladie grave réapparaissait toujours. Au contraire lorsque deux maladies naturelles ou artificielles étaient très semblables, elles étaient susceptibles de se guérir l'une par l'autre. Je dis bien guérir, c'est-à-dire que la première maladie ne réapparaissait pas lorsque la seconde avait terminé son cycle, son évolution (cf. Organon par. 35 à 50).

Or HAHNEMANN avait compris que les médicaments provoquaient chez l'individu sain une réaction qui était une sorte de maladie artificielle. Il imagina d'inoculer au malade la maladie médicamenteuse pour chasser la maladie naturelle.

Alors on va frémir dans les chaumières. Quoi, cette Homéopathie qu'on dit si inoffensive agit en provoquant une maladie ou, ce qui plus est, un combat de maladies ! On imagine tout de suite les grands dinosauriens se déchirant entre eux à l'intérieur du pauvre organisme du malade affaibli cette fois doublement par la maladie et par la thérapeutique qui se battent entre elles. Qu'on se rassure.

La maladie médicamenteuse présente des avantages évidents car elle est contrôlée par le médecin dans ses caractères, dans sa durée et dans son intensité. En effet le médecin connaît cette maladie qu'il provoque car il a étudié les expérimentations qui ont été pratiquées chez les individus sains. Par elles il sait tous les signes qui sont apparus, il sait toutes les circonstances, toutes les modalités d'action du remède. D'autre part il sait quelle est la période pendant laquelle on peut penser que le remède délivré est susceptible de provoquer une réaction. Enfin grâce à la dynamisation le médecin est capable d'atténuer la maladie médicamenteuse; il peut l'adapter à la force du malade et à la force de la maladie qu'il désire combattre. Le médecin a donc tout pouvoir pour contrôler et régler la concurrence de la maladie naturelle et de la maladie artificielle médicamenteuse.

Ainsi dès 1801, S. HAHNEMANN était en mesure de protéger les enfants contre une épidémie de scarlatine en donnant de la Belladone, parce qu'il avait remarqué que la scarlatine débutait comme l'intoxication de l'homme sain par la Belladone. Ce merveilleux résultat ne suffit-il pas, à lui seul, pour encourager tous les médecins à vérifier ce qui est vrai dans les théories d'HAHNEMANN, puisqu'il est certain que "dans l'art de guérir, négliger d'apprendre est un crime".

Il est évident qu'il ne faut pas provoquer plusieurs maladies médicamenteuses à la fois et qu'il ne faut pas prendre trop longtemps un remède homéopathique car il convient de laisser la maladie médicamenteuse s 'éteindre.

Maintenant vous pouvez mieux comprendre le véritable sens, le sens profond, du principe « les semblables soignent les semblables ». Il ne s'agit pas vraiment d'un remède qui traite une maladie, mais d'une maladie qui guérit une maladie.

On dit souvent qu'en Homéopathie on soigne le malade et non la maladie. Il serait plus exact de dire qu'on soigne effectivement une maladie, mais pour provoquer une maladie semblable (c'est-à-dire trouver le remède qui provoque une maladie semblable) on observe le mode réactionnel du malade et non la maladie.

Les symptômes d'une maladie ne sont que la partie visible de l'iceberg que constituent la maladie et le malade qui la porte.

f) les buts de l'Homéopathie.

Après avoir défini les principes et les moyens d'action de l'Homéopathie, il convient d'en définir les buts.

Que pouvez-vous attendre de l'Homéopathie ?

Vous avez entendu dire mille fois « se soigner par l'Homéopathie, c'est long » ou « c'est une médecine douce, donc c'est une médecine lente »

Il convient de ne pas se laisser obséder par les clichés et il faut avant toute chose définir ce dont on parle.

Si l'Homéopathie traite une maladie aiguë chez une personne habituellement en bonne santé, vous pouvez espérer la disparition des symptômes dans les heures qui suivent la prise du remède. Si votre enfant a de la fièvre dans le cadre d'une angine ou d'une rhino-pharyngite, la fièvre disparaîtra et la plupart des symptômes - douleur de la gorge ou écoulement nasal suivant le cas - s'amélioreront en quelques heures. Le résultat est le plus souvent spectaculaire, un remède bien choisi agissant avec la rapidité et la précision d'un coup de fouet.

J'ai étudié six ans l'Homéopathie avant d'oser prescrire un remède homéopathique dans le traitement d'une angine. L'éducation médicale que j'avais reçue me faisait craindre pour mon malade les pires complications et me faisait donner des antibiotiques à toutes les angines même si je savais pertinemment que seulement une sur mille pouvait être dangereuse. Mais lorsque mon expérience en Homéopathie a été suffisante, j'ai compris que la disparition de tous les symptômes était si étonnamment complète et rapide que la maladie n'avait aucune chance de poursuivre son extension, même sur un mode modéré qui pourrait m'échapper. La maladie est réellement foudroyée.

Mais il n'en va pas de même lorsqu'on s'attaque à une maladie ancienne, chronique, qui depuis des années fait des ravages sur l'organisme, s'y inscrivant sous forme de lésions souvent irréversibles. Si les lésions ne peuvent pas toujours disparaître sous l'effet de l'Homéopathie, on peut chercher à modifier progressivement la façon dont l'organisme réagit à ces lésions, et également, pourquoi pas, la façon dont l'individu tire des bénéfices secondaires de sa situation de malade. Il s'agit alors de modifier non pas seulement un symptôme, mais également le mode réactionnel du malade. C'est cela le but de la vraie guérison.

Et cela n'est pas impossible. Il convient seulement de s'atteler à la tâche en suivant les vrais principes de l'Homéopathie. Tant que l'organisme vit, il est susceptible de réagir d'une façon ou d'une autre.

Le plus souvent vous désirez balayer ce qui vous rend malade depuis l'enfance; vous voulez que disparaissent des symptômes que vous avez déjà confiés à des dizaines de traitements en les voyant toujours persister, sinon s'aggraver. Vous trépignez d'impatience devant votre médecin homéopathe, vous n 'avez plus le millième du courage que vous avez eu avec vos précédents traitements, vous vous conduisez comme un enfant qui veut tout, tout de suite. En fait vous montrez avec certitude que vous n'avez pas tiré la leçon de vos échecs précédents, que vous n'avez pas compris l'importance de la tâche et que vous donnez plus de prix à un soulagement provisoire qu'à une vraie guérison.

Soyez donc réaliste : pour changer un tempérament, il faudra du temps mais pas proportionnellement au bénéfice que vous en tirerez. Votre petit effort vous donnera de grands résultats. Encore faut-il avoir de l'ambition et le but du traitement sera celui que vous vous fixerez.

g) les limites de l'Homéopathie.

Bien évidemment l'Homéopathie connaît des limites et des échecs.

D'abord il est certain qu'on ne saurait s'attaquer à n'importe quelle maladie, car il est des cas où les lésions sont si avancées et si invalidantes qu'on peut difficilement espérer une amélioration. Chez une personne âgée, la force vitale n'offre pas de grandes possibilités de réaction. Chez un cancéreux, je ne me sens pas capable de résoudre les problèmes tant la maladie est avancée lorsqu'on fait le diagnostic et tant l'importance des lésions prédomine alors sur la nature des lésions et sur la réaction de l'organisme. Quand la vie d'un malade est en jeu, je n'ai pas le courage de lui ôter sa chance en refusant les traitements habituels.

Le seul problème du médecin homéopathe est de définir, de sentir jusqu'où il peut aller. Et la lésion n'est pas le point qui marque sa limite.

En effet l'ulcère d'estomac, par exemple, est une authentique lésion pouvant aller jusqu'à la perforation; mais on sait combien c'est une lésion influencée par des facteurs psychiques, combien les souffrances qu'il provoque peuvent être transformées rapidement par un remède homéopathique ou par une seule séance d'acuponcture.

En fait chaque Homéopathe doit aller jusqu'où son expérience lui permet d'aller et ne pas aller plus loin. Il sera souvent le premier surpris par les guérisons qu'il obtiendra et alors il élargira ses tentatives. Mais il ne doit surtout pas suivre les théories qui fleurissent partout chaque jour et qui en fait ne reposent pas sur des principes solides et vérifiés par l'expérimentation clinique.

Par contre lorsque la maladie est avancée, que l'organisme lui semble ne plus pouvoir réagir suffisamment pour atteindre la guérison, le médecin homéopathe ne visera plus qu'à donner un traitement palliatif qui devra avant toute chose être le moins nocif possible pour le malade. Il faut ajouter de la vie aux jours et non pas des jours à la vie.

Ce traitement palliatif pourra être fait de remèdes homéopathiques choisis non pas parce qu'ils sont susceptibles de modifier la réaction du malade, mais choisis parce qu'un ou plusieurs symptômes du malade ou même de la maladie sont habituellement soulagés par ces remèdes. C'est de "l'Allopathie dynamisée ". Dans le cadre de ces traitements palliatifs, la phytothérapie sera bienvenue car il est vrai qu'elle peut apporter des soulagements merveilleux.

La seconde notion qui limite l'action de l'Homéopathie est ce qu'il convient d'appeler les « obstacles à la guérison ». Il s'agit d'une part des anomalies dans le mode de vie mais d'autre part et surtout du terrain.

HAHNEMANN lui-même avait constaté que dans certains cas les remèdes homéopathiques choisis et administrés selon les principes les plus orthodoxes, n'aboutissaient qu'à une amélioration partielle ou provisoire. Il comprit qu'il existait des maladies qui étaient fortement inscrites dans les individus et qui réapparaissaient sans cesse sous une forme semblable ou différente. Ces maladies étaient l'expression d'une réceptivité et d'une prédisposition particulières à certains types d'agressions. C'était donc une facilité à réagir d'une certaine façon, facilité d'autant plus vive que les précédentes expressions de ce mode réactionnel avait été camouflées par des moyens suppressifs ou palliatifs mais nullement curatifs - et ce non seulement chez l'individu malade mais également chez ses ascendants (ses géniteurs, ses fournisseurs de gênes).

A ces modes réactionnels particuliers HAHNEMANN donna le nom de Miasmes et il échafauda une théorie qui tenait fortement compte des préoccupations médicales de son époque. Mais je pense qu'on peut y reconnaître trois façons de réagir universelles :

- les hypo-réactifs, ceux qui ne réagissent pas assez
- les hyper-réactifs, ceux qui réagissent trop,
- les dys-réactifs, ceux qui réagissent d'une façon anarchique, on pourrait dire perverse.

Il y a des gens qui, quoiqu'ils fassent, semblent réagir insuffisamment. Si on les attaque, ils ne se défendent pas ou mal. Ils sont incapables de faire une colère. S'ils ont peur, l'angoisse les inhibe et les cloue sur place. Lorsqu'ils mangent, ils réagissent en digérant lentement. Lorsqu'ils font une diarrhée, elle ressemble à une besace pleine qu'on crève : les selles s'écrasent dans la cuvette. S'ils ont de la fièvre, même une toute petite fièvre, ils semblent s'éteindre doucement. Leurs troubles sont maximum dès le matin car la journée qui vient est déjà trop lourde à porter. Ce sont les « hypo-réactifs ».

Chez d'autres malades au contraire tout réagit trop. Chez eux tout est excès : leurs sécrétions, leurs colères, leurs fièvres. Si on les attaque, on est noyé dans un flot de paroles et de gestes. De la même façon, s'ils ont peur, ils s'agitent beaucoup. Lorsqu'ils digèrent, ils sont pleins de spasmes. Leurs selles diarrhéiques sont comme un jet sous pression. S'ils ont de la fièvre, elle est très forte et très impressionnante. Leurs troubles surviennent le soir car tant d'excès finit par fatiguer l'organisme. Ceux-là sont les « hyper-réactifs ».

D'autres enfin semblent toujours réagir de travers. Ce sont ceux chez qui la moindre petite chose devient une catastrophe. Si vous les bousculez, vous vous retrouvez facilement avec un couteau dans le ventre. S'ils ont peur, leur angoisse peut les conduire au suicide. Lorsqu'ils ont des ennuis avec leur digestion, ce sont des ulcères ou des perforations. Lorsqu'ils ont une diarrhée, vous pouvez être certain qu'il y a du sang dedans. Quant à leur fièvre, elle sera toujours la nuit au grand désespoir du médecin... Je les ai désigné comme « dys-réactifs ».

Mais il y a plus intéressant.

En regardant bien il arrive que ce soit des familles entières qui semblent réagir toujours de la même façon, toujours selon le même mode. Les coups de froid des enfants, les douleurs gastriques du père, les infections bronchiques du grand père, l'eczéma de la tante semblent tous marqués par cette façon d'être de la famille.

Lorsqu'il est confronté à ce genre de malade, l'Homéopathe sait que ce n'est pas seulement une maladie qu'il soigne mais une famille. Il sait que la guérison nécessitera la compréhension de tous les modes réactionnels inscrits dans le malade par son hérédité. Le traitement devra tenir compte de plusieurs générations de mauvaises habitudes et de maladie.

Votre rhume, par exemple, n'est souvent rien d'autre que l'expression actuelle d'une prédisposition morbide. Sa solution ne saurait être immédiate.

En attendant d'être en mesure, grâce à la connaissance la plus approfondie de votre cas, de déterminer le remède ou les remèdes successifs qui vous aideront, votre médecin utilisera des remèdes à visée moins ambitieuse, peut-être simplement palliatifs.

Mais il le fera de la façon la moins fréquente possible et de la façon la plus douce possible. Car sinon il modifierait votre mode réactif et rapidement il ne pourrait plus reconnaître ce qui est votre maladie, ce qui est votre terrain et ce qui est votre réaction aux remèdes successifs.

Cela ne devra cependant pas faire oublier le vrai but qui doit être poursuivi avec acharnement : la guérison

h) les oppositions à l'Homéopathie.

Depuis que je vous affirme les mérites de 1'Homéopathie vous vous dites : " pourquoi cette science, si elle est si merveilleuse, est-elle si peu répandue ?".

Je vous propose de lire un texte qui répond clairement à cette question :

... "Il est temps que je parle des obstacles qui ont arrêté la propagation de la nouvelle méthode curative.

Je les distinguerai en obstacles généraux qu'elle a de commun avec toute grande découverte, et en obstacles particuliers qui lui sont propres.

Quant aux obstacles de la première espèce, j'y comprendrai les préjugés contre tout ce qui est entièrement contraire aux opinions établies, l'indolence et le manque d'intérêt pour les nouvelles découvertes, la malice et la jalousie envers le mérite, enfin le penchant de tourner tout en ridicule.

Pour ce qui est du premier point(les préjugés contre tout ce qui est entièrement contraire aux opinions établies), je soutiens que les hommes en général ne sont pas aussi grands amateurs de la nouveauté, qu'on a coutume de les en accuser.

Au contraire ils ont une profonde estime pour tout ce qui est couvert de la rouille des siècles et il faut des secousses violentes, une nécessité extrême, ou des impulsions données par des autorités majeures, pour les en détourner. La chose étant une fois consacrée par la mode, il est vrai qu'elle fera des progrès étonnants; mais la difficulté est qu'elle y arrive.

- Quoi, s'écria-t-on lorsque la nouvelle doctrine médicale fut communiquée au public, quoi, un seul homme prétend avoir trouvé ce que des milliers de médecins les plus sages et les plus savants n'ont pas trouvé avant lui ? Un seul homme veut abattre d'un coup de baguette l'édifice majestueux d'un système qui subsiste depuis tant de siècles ? Cela est inouï, cela est impossible.

Je demande à ces amateurs de l'antique et des opinions reçues si c'est pour la première fois qu'un seul homme ait fait une découverte dont on n'avait pas l'idée auparavant, et qui bouleverse le superbe échafaudage de toute une science ? N'a-t-on pas cru pendant 5.500 ans, que notre monde n'était composé que de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique et ne fut-ce pas le seul Colomb qui conçut le premier l'idée lumineuse d'une quatrième partie de la terre, et qui en prouva la réalité, malgré les dérisions de ses contemporains ? - N'a-t-on pas cru pendant plus de 5.500 ans que le soleil tournait autour de la terre, et ne fut-ce pas le seul Copernic qui en démontra le premier le contraire, et proposa ce beau système qui portera son nom à la postérité la plus reculée ? Cependant combien d'ennemis ce système n'a-t-il pas rencontré, et il n'y a que quelques années que le Saint Siège l'a admis, bien que provisoirement.

Voilà comment sont en grande partie les hommes; vous avez beau leur parler raison, les préjugés l'emportent !

Une autre classe de personnes est trop indolente pour se soucier des nouvelles découvertes. Trop occupés de leurs plaisirs, de leurs gains et de leurs affaires privées, elles s'embarrassent peu du bien commun et des événements qui y ont rapport. La doctrine homéopathique est une chose qui demande des méditations sérieuses et de mûres réflexions, pour se convaincre de sa vérité et de son excellence. Mais ces bonnes gens n' aiment pas à réfléchir eux-mêmes et sont contents que d'autres fassent aller les choses comme elles vont. L'Homéopathie blesse l'indolence encore d'une autre façon. Cette méthode qui a pour but de ramener les hommes sur la voie de la nature, prescrit à tous ceux qui veulent conserver la santé, et surtout aux malades chroniques qui veulent la recouvrer, un régime simple et naturel qui demande une abstinence sévère de quantité de jouissances introduites et généralement reçues par le luxe, mais pernicieuses au bien-être du corps et de l'âme. Mais les faibles et les indolents aiment mieux souffrir de temps en temps les tourments de la maladie et des remèdes violents, que de se priver constamment des plaisirs de la sensualité, car une patience momentanée est plus facile à pratiquer qu'une résignation continuelle.

Une troisième espèce d'individus qui contrecarrent toutes les grandes découvertes et toutes les nouvelles doctrines importantes, sont les méchants Il y a des personnes d'un caractère si malveillant, qu'elles se sentent blessées par tout ce qui paraît de sublime et d'excellent, et qu'elles ne sauraient jamais se résoudre a reconnaître la supériorité d'un génie éminent. Dominées par l'envie et la jalousie, elles mettent en jeu toutes les intrigues et toutes les cabales possibles pour prévenir le public contre l'auteur d'une grande découverte et pour éteindre dans sa naissance le flambeau de la vérité. Certes, cette sorte de gens n'ont pas manqué a l'occasion de la nouvelle méthode curative. Les bruits les plus calomnieux furent répandus contre elle, et on n'épargna pas même les mo eurs et le caractère de son vénérable fondateur. On pourrait remplir un volume entier avec les fables qu'on a fabriquées et qu'on fabrique encore sur l'Homéopathie. Je n'en rapporterai qu'une seule pour la curiosité du fait; c'est que Mr. HAHNEMANN et ses sectateurs traitaient presque toutes les maladies avec de l'arsenic; mensonge grossier et absurde aux yeux de quiconque connaît les ouvrages et le traitement de l'auteur.

Cette sorte d'adversaires trouva des appuis convenables dans une partie nombreuse du public, je veux dire dans les railleurs et les gens crédules. Les derniers se fient bonnement a tout ce qu'on leur veut faire imaginer. Les premiers, sans véritable intérêt pour aucune chose, ne cherchent qu'à s'amuser et à amuser les autres. Que l'objet en question soit sublime ou bas, bon ou mauvais, admirable ou méprisable, n'importe, pourvu qu'il fournisse matière à leurs bons mots. On a bien vu Socrate tourné en dérision par Aristophane; les pauvres Athéniens se mirent à rire sans savoir qu'ils étaient eux-mêmes les dupes L'auteur de la méthode homéopathique a aussi rencontré ses Aristophanes et ses Athéniens et il est impossible de dire quel dommage il en a résulté pour la chose même.

Mais en voilà assez sur les obstacles généraux qui ont arrêté la propagation de la nouvelle doctrine: venons en à présent aux obstacles particuliers. Ils dérivent de deux sources : de l'école médicale dominante et de l'institution des pharmaciens.

Je proteste d1avance que ne n'ai nulle intention d'offenser l1ordre honorable des médecins ou celui des pharmaciens. Mais tout en m'abstenant de chaque personnalité, je ne saurais m'empêcher de rapporter les faits. Il y va de l'honneur de la nouvelle doctrine, et je m’en croîs responsable au public. La crainte de déplaire n'enchaînera pas ma franchise, mais l'intérêt que je porte a cette cause, ne me rendra pas injuste envers ses adversaires. Il est profondément gravé dans la nature de l'homme, qu'il craint de se voir ravir ce qui lui a coûté beaucoup de peine à acquérir.

Or, le savoir et la conviction en fait de sciences, étant la propriété intellectuelle des hommes de lettres, il est naturel que toute nouvelle découverte ou doctrine qui menace de changer la face d'une science entière, soit révoquée en doute et combattue par nombre de ceux qui professent les anciens principes. Soyons justes et nous trouverons que cette conduite n'a rien de blâmable en elle-même. Aussi bien qu'il y a une diversité de croyance en fait de religion et de politique, il y en a aussi une dans toute science. Que chacun défende la sienne par tous les moyens licites que lui offre la sagacité de son esprit et la richesse de ses connaissances. Mais qu'il soit aussi disposé à examiner avec impartialité et, s'il est nécessaire, par des expériences propres, la réalité des principes de ses adversaires, et qu'il les embrasse de bonne foi, dès qu'il les trouvera préférables aux siens. Une pareille lutte des opinions sera une chose infiniment louable, car une objet étant envisagé sous des rapports différents, en sera mieux éclairé et la vérité sortira enfin de ce combat dans toute sa splendeur. Heureux, s'il en eut toujours été ainsi ! Mais rien n'est plus difficile pour les hommes que de séparer leur propre intérêt de celui de la chose même: l'un et l'autre se confond insensiblement dans leur âme. La haine, l'envie, la jalousie se mêlent au zèle littéraire, les esprits s'enflamment et s'aigrissent, et une recherche franche de la vérité ne devient que trop souvent une guerre de partis. Quiconque aura lu avec attention l'esquisse que je viens de donner ci-dessus de la doctrine homéopathique, n'aura pas manqué de saisir la différence tranchante qu'il existe entre ses principes et ceux de l'école dominante.

A peine eut-elle donc été mise au jour par HAHNEMANN dans la première édition de l'Organeau en 1810, qu'elle rencontra de toutes parts la plus vive résistance.

Il y aurait sans doute de l'injustice à prétendre, que tous les médecins eussent dû abandonner à l'instant même la méthode qu'ils avaient adoptée comme vraie et salutaire, et qu'ils avaient suivie pendant une longue pratique; il y aurait eu même de la légèreté dans un abandon aussi brusque. Une croyance aveugle est indigne de l'homme; c'étaient des réflexions sérieuses et des essais consciencieux qui devaient décider du mérite de la nouvelle doctrine. Aussi suis-je persuadé que bien des médecins sensés examinent à présent sur cette voie la médecine homéopathique. Mais malheureusement il n'en fut pas ainsi lors de sa première apparition; au moins personne n'avoua hautement la nécessité d'un tel procédé. L'esprit de secte sembla dominer une grande partie des esprits. Ce furent surtout plusieurs de ceux qui avaient brillé jusqu'alors par des ouvrages écrits dans le sens du système dominant, qui craignirent de se voir enlever leur gloire et leur autorité littéraire, et qui usèrent donc de tout leur ascendant sur le public médical pour le prévenir contre la nouvelle doctrine.

Sans examiner par des essais purs la réalité de ses principes, on se borna à la combattre avec les armes de la théorie et a lancer contre elle un anathème impérieux. Une autre grande partie des médecins, trop occupée de sa pratique pour se livrer à la critique exacte des nouveaux ouvrages, et accoutumée à voir paraître et disparaître chaque lustre un autre système de médecine, s'en rapporta volontiers au jugement de ces écrivains distingués, faisant autorité pour eux, et continua tranquillement d'exercer la méthode coutumière, sans s'intéresser à la découverte importante qui venait d'être faite.

Il y eut enfin nombre de bons vieux médecins, d'ailleurs très estimables, qui ne purent entrer dans les vues d'une méthode aussi originale, quoiqu'ils en eussent la bonne volonté.

Les idées dont l'esprit de l'homme a été une fois imprégné dans la jeunesse, et d'après lesquelles il s'est réglé pendant quarante ou cinquante années de pratique, exercent sur lui un ascendant si puissant, qu'un changement total de ces idées lui est presque impossible.

Ce fut ainsi que Mr. HAHNEMANN resta pendant quelques années le seul à exercer la méthode homéopathique, et qu'excepté les journaux de médecine, on n'en parla pas plus en Allemagne qu'en Saxe et surtout à Leipzig, où cet homme ingénieux faisait son domicile. Cependant la force propre de la vérité ne laissa pas de manifester ses effets. Les cures heureuses de HAHNEMANN attiraient sur lui l'attention des laïques. Sa pratique augmenta de jour en jour; la réputation de l'efficacité merveilleuse de son procédé curatif ne se répandit pas seulement au delà des frontières de la Saxe, mais pénétra même en Autriche, en Prusse, en Russie et en d'autres pays étrangers. Des malades chroniques, délaissés de tout secours, affluèrent de toute part pour se soumettre à son traitement et ils recouvrèrent la santé.

Aussi se forma-t-il autour de lui un cercle de jeunes étudiants en médecine, qui assistaient à son cours public sur l'Organon. Ces jeunes gens, libres encore des préjugés de l'école, se convainquirent facilement de la vérité de la nouvelle doctrine et secondèrent son fondateur dans ses essais des vertus spécifiques des médicaments. Ce fut ainsi que se forma la première pépinière de l'école médicale réformée; et il en sortit des hommes pleins de talents, qui se répandirent dans quelques villes provinciales de la Saxe et y exercèrent la nouvelle médecine avec le plus heureux succès. Il y eut même par-ci par-là des médecins, élevés dans les principes de l'école dominante et versés depuis longtemps dans la pratique, qui embrassèrent publiquement la réforme et donnèrent par la de beaux exemples de courage et de résignation.

L'ancienne école médicale sentit bien le péril dans lequel elle se trouvait, et que l'édifice du vieux système avait été ébranlé jusque dans ses fondements. Ce fut surtout dans la ville où le fondateur de la nouvelle doctrine avait son domicile, qu'on s’empressa de mettre des entraves à ses progrès qui devenaient de jour en jour plus marquants. On chercha de nouveaux alliés, on imagina de nouveaux stratagèmes, et on fut heureux dans l'une et dans l'autre. Me voilà arrivé à la seconde source des obstacles particuliers qui s'opposèrent a la propagation de la méthode homéopathique, je veux dire l'institution des pharmaciens.

Mais ici il me faudra remonter un peu plus haut.

Quiconque connaît l'histoire de la médecine, n'ignore pas que les médecins dans les temps anciens, et encore au commencement du moyen-âge, dispensaient, c'est-à-dire préparaient et distribuaient eux-mêmes, leurs médicaments. Mais la manière de les composer devenant toujours plus compliquée et les ingrédients plus précieux, les médecins ne se trouvèrent plus avoir ni le temps ni les moyens nécessaires pour exercer eux-mêmes la dispensation des remèdes. Il leur semble plus convenable d'abandonner cet emploi aux marchands-droguistes, et ce fut ainsi que ces derniers devinrent peu à peu des artistes pharmaciens, de négociants qu'ils étaient d'abord. Mais ce nouvel emploi exigeant des dépenses considérables, pour assortir les magasins de cette incroyable quantité de drogues plus ou moins précieuses, et pour maintenir tout ce vaste appareil nécessaire à des laboratoires de chimie, il s'en suivit que les pharmaciens demandèrent aux gouvernements des privilèges exclusifs d'exercer la fonction susdite. Il les obtinrent et il y avait de la justice à les leur accorder. Car d'abord chaque commerçant doit vivre de son débit, et il était de l’intérêt public et de la police qu'une profession aussi importante pour la santé et la vie des hommes (dont les médecins ne voulaient plus se charger), ne fut exercée que par des gens instruits et honnêtes, pour ne pas être exposées aux abus les plus funestes.

Les privilèges des pharmaciens et les lois prohibitives données en leur faveur, étaient donc amenées par la nature des choses et se trouvaient conformes à l'état de la médecine. Mais tout a changé de face depuis la fondation de l'école médicale réformée. La méthode homéopathique ne se sert (comme on l'a vue dans l'esquisse précédente de ses principes) que de remèdes simples. Leur préparation n' a rien de compliqué et n'exige qu'un petit appareil. Enfin ils sont administrés en si petites doses, que le médecin n'a besoin que d'un très petit assortiment de drogues pour suffire longtemps aux besoins de sa pratique. Or il n'existe pour les médecins homéopathes aucune de ces raisons qui rendent l'institution des pharmaciens si désirable et si nécessaire à l'école médicale dominante. Mais outre ces raisons négatives qui permettent au médecin homéopathe de se passer de secours étrangers et l'encouragent à réclamer les anciens droits de sa profession, il y a encore des raisons positives qui lui en font un devoir de conscience et de prudence tout à la fois. L’extrême petitesse des doses homéopathiques demande d'un coté la pus grande pureté dans la qualité des médicaments, et de l'autre la plus grande exactitude dans leur préparation.

C'est de l'existence de ces deux conditions que dépend absolument le succès de la cure. La méthode homéopathique est une méthode nouvelle, qui doit premièrement se frayer un chemin à travers les préjugés et gagner la confiance des hommes par des faits incontestables, c'est-à-dire par des cures heureuses. Peut-on bien, sans être injuste, prétendre du médecin homéopathique qu'il confit une charge aussi importante à des mains étrangères, et qu'il expose aux chances du hasard et sa propre réputation et celle de la méthode ? Le matériel des médicaments homéopathiques est si mince, que le pharmacien ne saurait faire qu'un gain insignifiant avec leur préparation, d'ailleurs il lui reste toujours la crainte que, la nouvelle méthode étant une fois généralement approuvée, les médecins ne trouvent pourtant moyens de réclamer le droit de la dispensait des remèdes. Comment veut-on que les pharmaciens goûtent une doctrine qui les menace tôt ou tard de la ruine de leur profession ?

- Je suis bien éloigné de croire que les pharmaciens soient capables de commettre des supercheries dans la préparation des remèdes homéopathiques. Mais il suffît qu'ils manquent du zèle nécessaire, et voilà une présomption qui en général sera contre eux , car il serait contre la nature de présumer que les hommes s'empressent d'agir contre leur intérêt. D'ailleurs ce n'est pas le maître pharmacien seul qu'il faut mettre en considération; le pauvre médecin doit aussi se confier à la bonne volonté des garçons-pharmaciens, jeunes étourdis et parfois brouillons, qui s'intéresseront peu à la gloire et au triomphe de l'homéopathie. Qui ne connaît pas les surprises singulières et souvent funestes qui arrivent fréquemment dans les pharmacies? Le médecin homéopathe se trouve à cette occasion dans une position encore plus critique que le médecin de l'école dominante, car, vu l’extrême petitesse du matériel médicinal que demande sa méthode, il se trouve hors d'état de se convaincre d'aucune manière, si l'ingrédient ordonné a été vraiment administré ou non ? - Mais il ne faut pas justement que des méprises ou des altérations quant à la qualité du médicament. Il suffit de ne pas observer la juste mesure des doses pour mettre la vie en danger; car les remèdes homéopathiques, touchant directement les parties de l'organisme qui sont déjà les plus affectées par la maladie naturelle, opèrent avec une force infiniment plus énergique que tout remède allopathique. Cependant, n'est-il pas plus que probable que ces personnes, accoutumées aux grandes doses de la pratique ordinaire, se moqueront des petites quantités que prescrit la nouvelle méthode et s'embarrasseront peu d'y mettre l'exactitude requise ?

-Réunissez toutes ces circonstances sous un seul point, et vous conviendrez que le médecin homéopathe ne saurait se refuser à la distribution de ses médicaments, sans courir une chance très dangereuse.

Cependant il existe en Saxe, ainsi que dans les autres pays de l'Allemagne, une loi qui porte que le droit de dispenser les médicaments appartient exclusivement aux pharmaciens privilégiés...

Cependant l’école médicale dominante, quoique guidée par d'autres intérêts, partage les mêmes craintes que la nouvelle méthode curative soit un jour généralement adoptée... La coalition est formée et le plan d'opération est tracé. Le coup part de Leipzig. Plainte solennelle est portée de la part des pharmaciens contre le docteur HAHNEMANN, pour avoir violé leurs privilèges de dispenser exclusivement les médicaments. Le procès est entamé, hélas, quelle en fut l'issue !

Je suis bien éloigné de vouloir blâmer la conduite du gouvernement sage, sous lequel j'ai le bonheur de vivre; c'est la force des circonstances qui l'emporte sur la bonne volonté des hommes. Le gouvernement ne précipita pas sa décision; non, il demanda auparavant aux premières autorités médicales des avis motivés et détaillés, relatifs au sujet en question. Pouvait-il faire autrement que de s'adresser aux experts de l'art dans une affaire où les connaissances dans cet art doivent seules décider ? Mais les réponses ne furent pas douteuses ; juges et partis se trouvaient réunis dans les mêmes individus ".

A votre avis de quand date ce texte ? Ne semble-t-il pas avoir été écrit hier ou aujourd'hui ?

Mais il date de 1823 - Oui, ce texte a été écrit le 20 Avril 1823 par Ernest Georges de Brunnow et fait partie de son introduction à la traduction de l'allemand en français de la 2ème édition de l'Organon.

Les obstacles à la propagation de l'Homéopathie n'ont pratiquement pas changé.

La pratique de la recette est encouragée par les Laboratoires pharmaceutiques qui mettent à la disposition du public des informations qui favorisent l'idée qu'à telle maladie correspond tel groupe de remèdes et qu'on peut bien se soigner soi-même en les essayant les uns après les autres ou en les prenant, pourquoi pas, tous ensembles. Le but évident est d'augmenter les ventes, non pas de guérir. Le plus triste est que ces Laboratoires pharmaceutiques tiennent également en main la plupart des revues destinées aux médecins. Ces revues ne pourraient pas vivre sans la publicité des Laboratoires qui les contrôlent de ce fait. On y publie des études peu sérieuses scientifiquement portant sur un très petit nombre de cas mais cherchant à promouvoir l'usage de telle ou telle recette.

La vraie Homéopathie devra donc faire son chemin uniquement grâce aux succès qu'elle obtient.

Mais il convient néanmoins de savoir se défendre d'une façon qui soit déterminée et nette, sinon tranchante. Certains grands Professeurs de la médecine dominante sont parfois appelés par les gouvernements à donner leur avis sur l'Homéopathie (tant il est vrai que rien n'a changé depuis l'époque où HAHNEMANN fut ennuyé). Certains membres de l'Académie de Médecine prennent la parole, sans y avoir été invités (ou du moins veulent-ils nous le faire croire), pour s'élever contre l'Homéopathie. Les uns et les autres le font sans s'appuyer sur aucun travail scientifique et ne se prévalent que de leur notoriété ou de leur science infuse. Il faut absolument poser deux questions à ces détracteurs systématiques de l'Homéopathie :

- combien de temps l'avez-vous étudiée ?
- combien de temps l’avez-vous pratiquée ?

L'Homéopathie en a assez de perdre son temps avec des adversaires qui ne sont pas même compétents.

Mais la critique la plus souvent rencontrée à notre époque est « l'Homéopathie, on ne sait pas comment ça marche » ou "ça agit sur le psychisme des malades"

Si j’avais autant de millions que je connais d’explications scientifiques ayant semblé intéressantes à leur publication et périmées après quelques années !

Je suis heureux qu'on ne puisse démontrer scientifiquement comment marche l'Homéopathie. Le jour où on le saura, cela signifiera qu'on aura percé le mystère de la vie. Il n'y aura plus rien à découvrir. Fort heureusement, Dieu n'est pas pressé de faire de nous ses égaux. Chaque progrès que nous ferons dans la compréhension des mécanismes de l'Homéopathie me semble utile, mais je me passe facilement de comprendre puisque mon seul but est de guérir.

Alors il est bien possible que mon action se fasse au travers du psychisme du malade. Pourquoi pas ?

Que sait-on sur les origines de la maladie ? Que comprend-on aux guérisons ? Qui peut, par exemple, expliquer l'action des guérisseurs ? Vous pensez que cela aussi est "psychique" Alors ma réponse est nette: je préfère agir comme je fais, qu'à travers des médicaments nocifs et entraînant des effets secondaires parfois redoutables. Quand j'évite un antibiotique à un enfant, je suis heureux. Quand je donne un médicament homéopathique pour traiter une otite et que vous me dites que mon action est psychique, je vous réponds : « Pourquoi donnez vous des antibiotiques et de la cortisone pour une maladie que vous savez psychique ? » Quand j'évite la cortisone à un rhumatisant, je suis heureux. Souvent le malade ne sait pas à quoi il a échappé, mais moi, qui suis médecin, je suis conscient des risques que je fais prendre à mes malades. C'est pour cette raison que je suis tranquille : mon action n'est peut-être que "psychique" mais ce n'est pas mon problème. Mon problème, c'est d'être efficace.

Je le suis avec l'Homéopathie pour le nouveau-né qui a de la fièvre ou pour le chien qui a la diarrhée, mais je ne sais pas comment fonctionne le psychisme d'un nouveau-né ou de ses parents ni le psychisme du chien ou de ses maîtres. Peu m'importent les voies que prendra la guérison, si ces voies ne me servent pas à mieux guérir !

III - LE MODE D'EMPLOI DE L'HOMÉOPATHIE

a) la recherche des signes.

C'est sur les facultés de réaction que l'Homéopathie va agir et ce sont ces facultés que le Médecin homéopathe doit étudier avant de prescrire.

Le médecin homéopathe ne doit pas se limiter à trouver un remède pour son malade. Il n'essaye pas des traitements " pour voir ". Il ne jette pas les dès pour jouer avec la santé que le malade lui a confiée. Il doit avant tout comprendre les mécanismes de réaction de son malade pour y appliquer l'action la plus judicieuse.

Un bon conducteur de machine ne saurait se contenter d'appuyer sur l'accélérateur, mais au contraire doit être capable de démonter et remonter le moindre rouage de sa machine pour connaître et maîtriser toutes ses possibilités de réaction.

Le médecin va interroger le malade et sa famille. Non pas seulement pour rechercher les symptômes de la maladie, mais pour connaître ce qui est particulier au malade dans sa façon de réagir à la maladie.

Mais comme un individu forme un tout indissociable, il conviendra d'observer le malade non seulement dans l'immédiat, dans le moment de la maladie, mais également dans le passé. Le fil de notre vie est continu, tissé d'un seul morceau de la conception à la mort. Les chemins que nous empruntons dès le premier jour laissent sur nous des traces indélébiles. Nous sommes influencés par notre vie dans le ventre de notre mère, notre naissance, nos premiers jours, notre enfance, notre adolescence. Certains événements survenus au cours de ces différentes étapes seront d'une importance considérable pour le reste de notre vie.

Une grossesse de votre mère, qui aurait été particulièrement difficile, pourrait avoir nécessité l'administration de médicaments antibiotiques, hormones, cortisone, qui, puisqu'ils étaient dans le sang de votre mère, ont été dans votre sang pendant votre maturation, votre transformation. Cela immanquablement a retenti sur vous. Il s'agit de notion auxquelles, par pudeur, on préfère ne pas penser dans la médecine dominante.

Tout n'est pas aussi grave ni aussi retentissant que la Talidomide.

Plus près de nous, nous avons encore à l'esprit la découverte qu'un médicament hormonal de la grossesse, donné couramment il y a peu d'années encore et de préférence à d'autres (on disait « celui-là n'est pas dangereux ») s'est révélé responsable de cancers génitaux au moment de la puberté ou de l'adolescence des enfants ainsi conçus. Quelle angoisse !

Mais si un médecin disait qu'il a donné ce médicament il y a 10 ou 15 ans comme il était alors habituel de le faire et qu'à la lumière des récentes découvertes il a peur des conséquences qui pourront apparaître un jour, on dirait qu'il n'est pas normal, qu'il est obsessionnel, ou on l’accuserait de faire un accès de mélancolie ...

Cependant nos scrupules ne seront jamais assez grands avec la santé de nos malades.

Si les retentissements dramatiques des médicaments administrés pendant la grossesse à la mère, commencent à être mieux connus, les petits effets, eux, ne sont pas étudiés.

En effet actuellement tout médicament mis sur le marché fait l'objet d'une étude dans ce sens mais on se contente de rechercher les cancers et les malformations sur des animaux observés à leur naissance ou pendant une période relativement brève. Les médecins qui savent observer pensent que cela est insuffisant et que ces expérimentations, surtout sur des animaux, ne sauraient nous satisfaire.

Il faut faire attention dans notre pratique de tous les jours. Je vous citerai par exemple un cas d'eczéma atopique (dit constitutionnel) du nourrisson qui se prolongeait depuis plusieurs années. La mère avait reçu un antibiotique pendant la grossesse. J'ai donné à l'enfant une préparation homéopathique de l'antibiotique. Les disparition de l'eczéma a été spectaculaire.

Cela fera sourire certains médecins sceptiques ou adversaires de l'Homéopathie.

Ils ont raison, ce n'est pas une preuve. Mais c'est un fait sur lequel il faut savoir réfléchir. D'un côté de nombreuses années d'échec d'un grand nombre de professeurs spécialisés, de l'autre une thérapeutique efficace. Ils diront que "c'est psychique" pour masquer leur ignorance et surtout leur refus de se " casser la tête ". Moi, je dirai avec humilité que ce que j'ai donné n'était pas de l'Homéopathie et que, même si l'eczéma a disparu, même si la famille était contente, la vraie guérison de cet enfant ne surviendra que lorsque j'aurai administré le remède qui tient compte de sa susceptibilité réactionnelle. En effet d'autres mères ont reçu cet antibiotique et leur enfant n'a pas eu d'eczéma Mais il y avait quelque chose chez cet enfant qui a mal réagi. Ce quelque chose, je ne le trouverai pas dans les analyses puisqu'on est là dans un domaine non encore exploré par la science et parce que les analyses ne me serviront à rien pour le traitement. Mais il y aura chez cet enfant une analogie entre la façon dont elle a réagi à l'antibiotique de sa mère et la façon dont elle réagira à d'autres agressions. Cela me conduira au remède qui la guérira. On est loin de "la pommade qui marche bien".

Un Médecin homéopathe se souviendra toujours de cet exemple et saura rester vigilant. C'est pourquoi il vous interrogera sur les circonstances de la grossesse de votre mère.

Les circonstances de la naissance sont également intéressantes. En effet un accouchement difficile peut avoir entraîné un manque d'oxygène pour le cerveau et cela laisse des traces. On reconnaît cette cause à certaines formes d'épilepsie, à certaines paralysies ou certaines faiblesses. Mais la lésion du cerveau peut, heureusement, avoir été moins importante et elle n'est pas pour autant négligeable.

L'Ostéopathie cranio-sacrée a permis de mettre en évidence et de vérifier par la preuve de la guérison, de nombreux troubles liés à l'accouchement qui "empoisonnent" la vie de nombreux malades. L'Homéopathie sait tenir compte de cela. Nous rechercherons l'âge des premiers pas, des premières dents, des premières paroles pour étudier le développement psycho-moteur du nourrisson.

Il faudra s'intéresser aux premiers mois de la vie ,mais pas seulement pour en connaître les maladies. Nous tirerons des indications du comportement des nourrissons. Certains auront été somnolents, d'autres agités, d'autres toujours en pleurs comme si quelque chose les gênait. Nous noterons quelles ont été les réactions à l'alimentation maternelle ou artificielle. Certains nourrissons auront eu de nombreuses difficultés avec leur tube digestif (régurgitation, vomissements, diarrhées) d'autres avec leurs voies respiratoires ou tout autre appareil, mais de toute façon cela laisse des traces et peut très bien être une indication pour la sensibilité à faire certaines maladies à l'âge adulte.

Nous nous attacherons tout particulièrement aux suites des vaccinations parce qu'elles sont l'expression de la première réaction de l'individu à l'introduction d'un corps étranger dans son organisme. Une vaccination pourra avoir marqué le début d'une suite de rhino-pharyngites. ou bien encore un eczéma peut apparaître après une vaccination.

Je me souviens d'une famille où la première enfant avait fait une encéphalite (une inflammation du cerveau) après la vaccination antivariolique. L'enfant avait été hospitalise' des semaines. Puis elle avait fait un eczéma recouvrant tout le corps et entraînant une invalidité quasi totale : en effet les croûtes séchaient en se rétractant et causaient des douleurs atroces à chaque mouvement. Après plusieurs hospitalisations et, on l'imagine, des tonnes de cortisone, l'enfant était toujours dans le même état, enveloppée de bandelettes et souffrant jour et nuit. Eh bien que croyez-vous que la Science ait fait lors de la naissance du second enfant? Elle a contraint la famille - par la force puisque c'était par la menace du refus de l'enfant dans les crèches et les écoles - à accepter la vaccination antivariolique du second enfant, qui a immédiatement fait un eczéma aussi important que celui de sa sœur...

Un individu qui aura fait de nombreuses infections rhinopharyngées ou bronchitiques au cours de sa première enfance aura de forts risques d'être moins robuste qu'un autre. Les maladies prolongées au cours de l’adolescence pourront conduire à un retentissement sur la croissance, peut-être des scolioses, des déformation thoraciques, des douleurs du rachis. Il existe des traces de chaque chose, même si elles ne sont pas absolument évidentes.

On sait enfin l'importance du milieu familial sur le développement affectif et émotionnel de l'enfant, et le rôle que peuvent jouer des chocs ou des événements au cours de la première enfance. La médecine dominante est très désarmée pour tirer partie de cela, discutant sur la valeur des psychothérapies et hésitant à employer des médicaments chimiques qui ne résolvent pas le fond du problème. La médecine homéopathique pourra, elle, pour le traitement tenir compte de tous ces problèmes inscrits cependant très profondément dans l'individu. Je me souviens d'une enfant qui faisait de l'asthme. Sa mère me l'avait conduite en me disant " Docteur, ma fille fait la grippe tous les 8 jours ". En fait, environ tous les 8 jours, l'enfant faisait de la fièvre et toussait. Elle avait une forte allergie à la poussière qu'on retrouvait dans les test sanguins. Mais la maladie était apparue deux ans auparavant à la suite d'une peur. La petite à partir de ce moment là, avait réclamé la lumière dans sa chambre pour dormir et quelques semaines après avait commencé à tousser la nuit. Bien évidemment tous les médecins savent la part importante que tient le psychisme dans l'asthme -tant dans son déclenchement que dans son entretien. Mais ils ne peuvent pas en sortir grand chose. Dans le cas présent, comme dans beaucoup d'autres, le remède homéopathique qui a fait cesser cet asthme, tenait le plus grand compte de la peur de la fillette.

S'il existe une mémoire de l'esprit, il existe également une mémoire du corps. Nous sommes aujourd'hui le résultat de tout notre passé physique et psychique.

Les maladies de vos parents ont également inscrit leurs marques sur votre capital réactionnel. On le sait mieux depuis qu'on a étudié les chromosomes, la génétique. Mais on le savait déjà lorsqu'on constatait qu'il y avait des familles où on a un grand nez, des familles où on attrape facilement la tuberculose, des familles où les cancers sont fréquents. Des millions d'informations sont ainsi transmises d'une génération à l'autre, ne subissant pas seulement l'influence des croisements chromosomiques parentaux mais transmettant également des modifications acquises comme les réactions au milieu et les maladies chroniques. Pas seulement les maladies chroniques qu'on soigne avec les médecins, mais aussi celles qu'on subit toute sa vie sans les soigner parce qu'on pense qu' il n'y a rien à faire ou parce que plusieurs traitements ont échoué. Ce sont les signes d'une faiblesse particulière d'un organe ou d'un système dont on peut retrouver la marque chez les enfants et dont l'importance est notable pour le traitement qui sera plus long et plus difficile dans ce cas que si vous n'aviez pas cette faiblesse inscrite dans vos chromosomes. Par exemple si vous me dites que votre père a toute sa vie évité de manger des fruits parce que cela lui donnait la diarrhée, je serais beaucoup plus intéressé que si vous me dites qu'il a commencé à faire de la tension à 60 ans, ce qui est assez banal.

J'imagine que cela vous rend perplexe et que certains se trouvent rebutés par la complexité de la tâche mais il s'agit de votre bien le plus précieux : la santé. Ne continuez pas à laisser cela au hasard.

D'autres sont effondrés parce qu'ils se disent que leurs parents ne leur ont jamais rien laissé savoir de tout cela, ou parce que leurs parents sont morts et ne pourront jamais leur fournir tous ces renseignements. Il est rare cependant qu'aucun fait caractéristique ne soit resté dans la mémoire des familles. On dit ou on a dit « quand tu étais petit, tu faisais tout le temps ça ou ça ». Ce sont des renseignements qui caractérisent très bien l'enfant. Mais, même s'il ne reste rien à noter, que les patients ne s'inquiètent pas. La Nature est généreuse et nous fournira de nombreux renseignements dans d'autres domaines. Mais ce n'est pas une raison pour négliger ceux là. Disons -le encore une fois : l'individu forme un tout.

Néanmoins le premier travail du Médecin homéopathe sera de récolter les signes caractéristiques concernant la maladie pour laquelle vous consultez.

Il s'attachera d'abord à ce qui vous gêne le plus, le fait le plus saillant. En effet, si vous avez, par exemple un rhume, ce sera soit l'obstruction nasale, soit la toux, soit la fièvre qui prédominera et qui devra donc attirer particulièrement l'attention.

Mais pour chaque élément qu'il étudiera, le médecin aura besoin de ce que nous appelons des MODALITES. Pour nous les modalités sont les éléments qui renseignent sur la façon de faire sa maladie, la façon particulière à chaque individu de réagir à la maladie.

Reprenons l'exemple du rhume.

Si vous avez un écoulement de nez, c'est banal, cela ne renseigne pas sur le remède qu'il faut prescrire. En Homéopathie, il y a 2000 remèdes pour l'écoulement du nez. Il faut des précisions. Vous dites alors que cet écoulement est fait de pus jaune. Cela rend les choses plus précises; ce n'est pas un écoulement clair comme de l'eau, il n'est pas laiteux, il n'est pas vert. Il ne reste que 1000 remèdes, mais c'est encore trop pour une prescription. Vous ajoutez que votre nez est tout irrité par cet écoulement. Là, il ne reste plus qu'une cinquantaine de remèdes qui conviennent. Vous constatez également que votre écoulement est plus fort lorsque vous êtes à l'intérieur et qu'il se tarit lorsque vous êtes dehors : il ne reste que 5 remèdes. On ne va pas vous les administrer tous les 5 en se disant que le Bon Dieu reconnaîtra le sien et qu'avec un large faisceau de chevrotine on a plus de chance de toucher au but qu'avec une seule balle. C'est une attitude paresseuse qui n'est pas bienveillante.

Sur ces cinq remèdes il y en a fatalement un qui vous conviendra mieux, qui agira plus profondément sur vous, qui restaurera mieux votre santé. On s'aidera pour choisir le remède le plus adapté des circonstances qui ont déclenché le rhume - un coup de froid, l'humidité, la fatigue, etc. ... et des autres signes qui accompagnent le rhume : fièvre, frilosité, soif, troubles psychiques. Ce sont des signes qui existent et donc qu'on n'a pas le droit de négliger.

Mais de toute façon chaque fois que vous énoncez une plainte à votre médecin homéopathe, vous devez la moduler, apporter des modalités :

1) circonstances d'apparition,
2) type de sensation exacte,
3) localisation, latéralité, irradiations,
4) horaire,
5) aggravations,
6) améliorations,
7) concomitants ( ce qui accompagne ).

Toutes ces précisions vous sembleront difficiles à apporter au début de votre approche de l'Homéopathie. C'est normal, car vous n'êtes pas entraînés à observer. Il y a des règles, des théories que vous n'avez jamais remises en question, ce qui permet à votre esprit de se reposer sur elles. C'est plus sécurisant. Ce sont des rails des ornières qui relient telle idée à telle idée, et qui donnent l'assurance de ne pas dérailler dans des raisonnements préfabriqués.

A l'intérieur de ces automatismes, l'esprit est prisonnier: il arrive à ne plus rien voir et même à nier l'évidence. Reprenons l'exemple du rhume puisque c'est une expérience banale et commune. Vous avez l'habitude de considérer que cela provient d'un coup de froid et que pour le traiter il faudra beaucoup de chaleur. Alors vous vous collez près du feu, vous vous couvrez jusqu'aux dents. Certains seront soulagés en effet par la chaleur? mais d'autres seront au contraire très nettement aggravés, ils auront un écoulement nasal très augmenté et un mal de tête qui deviendra insupportable. Mais ils ne s'en rendent pas compte parce que leur maman et la maman de leur maman leur ont toujours dit de se mettre au chaud.

Les enfants dans leur pureté et dans la sûreté de leurs instincts le sentent bien. Quand ils ont chaud, ils se découvrent. On les poursuit à travers la maison avec une écharpe, avec un pull. Je connais une mère qui a passé plusieurs années sans dormir alors qu'elle travaillait à l'usine dans la journée. Elle restait assise à coté du lit de sa fille pour la couvrir dès qu'elle se découvrait.

Ne faites pas comme cela. Vous avez un moyen simple de savoir si votre enfant a froid ou chaud, c'est de le toucher, c'est de le "tâter". Utilisez-le. Vous touchez la main, les pieds, mais également vous passez votre doigt à l'intérieur des vêtements, par exemple au cou. Vous aurez si votre enfant a froid ou chaud, s'il transpire ou pas, donc s'il a besoin d'être couvert ou pas.

Mais de toute façon dites-vous bien ceci : on guérit 50% des rhino-pharyngites du nourrisson en supprimant le chauffage dans la chambre, la nuit. La plupart des parents à qui je donne ce conseil, poussent des grands cris. Ils me disent qu'il fait froid chez eux, que c'est malsain etc. Je leur dis que si une maison est chauffée dans la journée cela suffit et je ne recule pas devant leurs craintes. Ceux qui me suivent sont largement récompensés. L'hygiène de vie est la chose la plus importante pour prévenir les récidives des maladies et le meilleur médicament ne peut résoudre les problèmes si on n'observe pas bien les mauvais plis que notre société moderne ne manque pas de nous faire prendre.

Il en va de même pour les bonbons qui ne sont pas seulement une calamité pour les dentistes mais aussi pour les médecins L'infection se développe plus facilement sur un sang sucré et les diabétologues ne me contrediront pas. C'est un fait largement confirmé par l'expérience qu'en supprimant les bonbons on rend un grand service aux enfants.

Chauffage coupé plus suppression des bonbons, c'est alors 80% des rhino-pharyngites de l'enfant qui guérissent. Je le dis même si cela diminue apparemment les mérites de l'Homéopathie , car en fait il restera pour le Médecin le devoir de soigner cette remarquable sensibilité à la chaleur et au sucre. Mais en supprimant le chauffage et les bonbons, on a fait une très bonne palliation. Alors il faut être ferme. Il faut savoir apprendre à la grand mère qu'il y a d'autres moyens, plus valables et plus profonds (même s'ils demandent plus d'effort), de se faire aimer des enfants que celui qui consiste à leur pourrir les dents et à favoriser leurs infections. Si elles ne sont pas contentes, restez ferme. Votre enfant s'en portera mieux et les rapports avec la famille ne seront pas complètement bouleversés à cause des bonbons, à moins que ce soient des "bonbons" à une rupture qui aurait eu lieu de toute façon.

Je ne puis résister à la tentation de vous raconter l'histoire d'une maman qui se plaignait que son enfant ne mangeait pas. Elle lui donnait quatre bonbons chaque matin et chaque après-midi quand il partait à l'école. Un pour le chemin d'aller, deux pour la récréation et un pour le chemin du retour. J'ai demandé à cette dame de changer cela. Elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas : dans son immeuble toutes les mères faisaient ainsi et si elle ne faisait pas comme tout le monde, cela poserait des problèmes pour son enfant et pour ce qu'on penserait d'elle. Vous voyez la force des habitudes !

Même si vous avez du mal à changer au début vos automatismes de pensée, tenez bon. Vous y arriverez après un certain temps, comme tout le monde. Il suffit de vouloir vraiment et d'être persuadé de la valeur de la méthode (sinon des inconvénients des autres méthodes). Et, vous verrez, vous sortirez plus riche moralement de cette observation.

Quoiqu'il en soit votre Médecin homéopathe n'utilisera pas de la même façon tous les signes que vous lui apporterez accompagnés de leurs modalités. Il ne retiendra que ceux qui sont vraiment caractéristiques de la réaction profonde, spontanée, de votre individu, non modifiés par la société et les habitudes familiales. Si vous me dites que vous n'aimez pas le lait, cela peut être intéressant, mais si vous n'avez jamais bu de lait parce que votre maman n'aimait pas le lait et vous a toujours tendu une tasse de lait en marquant une répulsion nette, le signe n'a plus de valeur.

Le médecin retiendra donc les signes qui sont les plus frappants, les plus originaux, les plus inusités, les plus personnels (Organon, par. 153).

Vous avez plus l'habitude que vous le croyez, de remarquer de tels signes. Quand vous invitez quelqu'un à manger, vous vous dites " Un tel , il ne faut pas lui faire de la viande parce qu'il n'en mange pas ". " Un tel, il ne faut pas le mettre près de la fenêtre parce que lorsque tout le monde étouffe et qu'on ouvre un petit peu la fenêtre, il se plaint que les courants d'air lui font mal au cou ou qu'il grelotte ". « Un tel, il ne faut pas l'inviter avec d'autres personnes parce que, dès qu'on le contredit un peu, il fait des colères terribles ». Vous faites de l'Homéopathie sans le savoir.

Votre médecin sera surtout friand des signes qui indiquent qu'un individu est, au plus profond de lui-même, différent de tous les autres.

Chaque fois que vous dites « ça n'arrive qu'à moi » prenez vite un crayon et notez le : quelques signes comme celui-là indiqueront très nettement à votre Homéopathe la voie à suivre.

Si dix caricaturistes représentent Winston Churchill, dix feront un dessin différent d'un Churchill dans des tenues différentes, avec des attitudes différentes, dans des circonstances différentes. Pour chaque dessin, le style même sera très différent. Mais chaque fois vous reconnaîtrez à l'évidence que c'est bien de Winston Churchill qu'il s'agit à l’aide de trois ou quatre traits tout à fait caractéristiques qui figurent dans chaque dessin et qui sont très significatifs de Winston Churchill.

Le travail de tout bon Homéopathe est de trouver, avec votre aide, un minimum de signe de la plus grande valeur caractéristique pour chaque malade.

b) les médicaments avant le traitement homéopathique

Ne truquez pas les cartes.

Il faut savoir tout dire à un médecin homéopathe parce qu'il s'intéresse à tout ce qui vous concerne.

On a beaucoup discuté sur l'utilisation concomitante de l'Homéopathie et de l'Allopathie. C'est une fausse discussion car, ici encore, il suffit de définir ce dont on parle.

Dans un cas aigu, par exemple, ne prenez pas de médicament avant de venir consulter.

Dans un cas aigu, la tâche principale est de soulager vite et l'Homéopathie peut le faire tout en s’attaquant à la cause !

L’Homéopathe se basera surtout sur les signes du malade tels qu'ils sont au moment où il fait son observation. Ces signes doivent être accompagnés de leurs modalités qui indiquent au médecin la façon de réagir de l'organisme.

Si vous donnez un suppositoire pour faire baisser la fièvre de votre enfant avant de l'emmener chez un médecin homéopathe, en dehors de l'erreur de raisonnement que vous faites, vous supprimez des indications indispensables comme par exemple celle de l'heure dans la journée où votre enfant fait le plus de fièvre, ou encore comment il est quand la fièvre s'élève. Car un enfant qui fait plus de fièvre à 18 heures ne se soigne pas comme un enfant qui augmente sa température le matin au réveil ; un enfant qui au maximum de sa fièvre se met à grelotter, ce n'est pas la même chose qu'un enfant qui lors des paroxysmes de la fièvre se découvre. C'est compliqué, mais ça existe, donc il faut en tenir compte. Ce ne sont pas des signes que la Nature donne pour rien.

De même si vous donnez un peu d'aspirine à votre enfant en attendant la consultation du médecin, vous aurez un enfant qui transpirera automatiquement, du fait de l'aspirine, et votre médecin ne saura plus ce que fait votre enfant de façon spontanée dans le domaine de la transpiration.

Et surtout ne donnez pas de l'Homéopathie en attendant votre médecin, ou pour appliquer une recette qui vous éviterait de consulter votre médecin. Vous risqueriez de donner un remède auquel votre enfant est si sensible qu'il fera une réaction entretenant la maladie et faussant toutes les cartes.

Un des cas où j'ai échoué il y a quelques années, était le cas d'un enfant qu'on me conduisait pour la première fois. Cet enfant avait l'évidence d'un tableau de Belladona que j'ai donné en 7 CH selon ma méthode habituelle. La fièvre n'a pas baissé. Les parents me donnaient des nouvelles, mais quelque soit la façon dont je retournais le problème, je retombais toujours sur Belladona et je perdais mon latin. Même après avoir cessé Belladona 7, je n'avais qu'une amélioration transitoire. J'ai appris, après coup seulement, que les parents, qui arrivaient d'une autre région, avaient l'habitude de donner de façon répétée, Belladona 15 CH à leur enfant dès qu'il faisait de la fièvre. Ce que j'avais observé lors de ma première consultation, ce n'était pas le tableau naturel de l'enfant, mais le tableau de l'enfant modifié par le remède. Cet enfant était en train de faire une expérimentation de Belladona. J'ai eu l'air d'un imbécile, j'ai perdu la clientèle de gens que j'estimais beaucoup mais cela m'a confirmé quelque chose que je savais déjà mais pour lequel je n'étais pas encore assez vigilant. C'est le prix qu'il faut savoir payer pour devenir plus expérimenté

Ne demandez donc pas à votre homéopathe de soigner un enfant modifié à la fois par la maladie et par un médicament, car le médecin ne peut plus reconnaître ce qui revient à la maladie naturelle et ce qui revient à la maladie médicamenteuse.

Dans les cas chroniques, la place relative des médicaments et de l'homéopathie est différente. Bien évidemment, là encore les médicaments modifient la capacité réactionnelle de l'individu et l'homéopathe n'observera que des signes faussés. Il devra donc aller chercher des renseignements dans un autre domaine que celui traité par les médicaments, dans un autre organe, dans un autre système, en espérant toutefois qu'il n'existe pas des effets secondaires méconnus du médicament en question, effets qui altéreraient la valeur de son observation.

Mais quoiqu'il en soit, le médecin homéopathe ne saurait demander au malade d'arrêter brusquement tout médicament car, comme nous l'avons vu, il y a une habitude qui s'est créée et qui fait que des réactions se produisent lors de l'arrêt brutal des médicaments. Si vous prenez des calmants et que vous les arrêtez brusquement pour prendre un médicament homéopathique, on peut prévoir des catastrophes et en tout cas on ne pourra tirer aucune conclusion sur l'effet du traitement.

Il faut savoir s'adapter aux médicaments que prend le malade.

Votre Médecin homéopathe n'est pas complètement fou et il ne supprimera pas des traitements qui vous sont indispensables pour les remplacer par du vent, pour faire des essais, ou pour prescrire un remède dont l'action est hypothétique. Il est des domaines où les médicaments ne sauraient être remplacés.

Mais en acceptant de voir la maladie sous un autre angle, et notamment celui de l'Homéopathie, il est rare qu'on n'arrive pas à réduire progressivement les « drogues » qui vous gênent.

Il n'est pas de problème dont vous ne puissiez pas discuter avec votre Médecin homéopathe.

c) les médicaments pendant le traitement homéopathique

Pendant le traitement homéopathique, vous pouvez être amenés à utiliser des médicaments allopathiques. Ce n'est généralement pas une catastrophe si vous ne le faites pas pour supprimer une des réactions naturelles de l'organisme au traitement, comme nous le verrons plus loin. Mais il faut se souvenir de deux choses :

1) - lorsque vous consultez pour une maladie, le Médecin homéopathe vous interroge sur tout votre organisme et vous prescrit un remède qui agit sur tout l'organisme en redonnant une énergie nouvelle à votre santé, de sorte que vous serez sans doute agréablement surpris de voir vos petites misères habituelles disparaître.

2) - ces troubles qui vous font prendre de temps en temps un comprimé d'aspirine on un sachet de bicarbonate ne subsistent que parce que vous les avez mal soignés jusqu'à présent ; il faut maintenant agir sur la cause et non sur les effets ; si vous êtes réellement embêté par quelque chose pendant le traitement, n'est-il pas plus simple de prendre un rendez-vous avec votre Médecin homéopathe et de regarder, avec lui, les choses d'un oeil nouveau ?

Certains vous proposeront, pendant votre traitement, des médicaments homéopathiques, en vous disant que, puisque vous vous soignez par l'homéopathie, vous devez continuer. Cela est encore pire et je préfère tous les traitements allopathiques à ces aides qui se veulent innocentes mais qui ne sont qu'inconscientes. Comment peut-on ignorer que les remèdes homéopathiques peuvent s'antidoter mutuellement? En tout cas si on l'ignore, on ne donne pas de conseil à son prochain.

Il devrait être bien connu que certains remèdes peuvent avoir de mauvaises relations entre eux et que les uns peuvent empêcher l'action des autres. Je me souviens d'un cas d'asthme qui était merveilleusement soulagé et amélioré par Nux Vomica. Un jour, la malade me consulte pour une laryngite qui la faisait beaucoup souffrir. Les symptômes homéopathiques correspondaient bien à Causticum, qui est un antidote de Nux Vomica. Comme ma dernière prescription de Nux était ancienne de plusieurs années, je me suis cru autorisé à prescrire Causticum. L'asthme est réapparu immédiatement - dans les deux heures qui ont suivi la première prise de Causticum - et elle n'a plus jamais été soulagée par Nux. Cela m'a rendu très prudent. Soyez le également.

d) la prise du remède.

Les remèdes homéopathiques sont vendus habituellement par les Laboratoires homéopathiques en granules ou en doses. Ce sont des petits grains de sucre imbibés en surface par le remède. C'est parce que le remède est en surface qu'il convient de ne pas toucher les grains avec les doigts.

Dans le cas des doses on porte la totalité du contenu du tube à la bouche.

Dans le cas de granules, on verse le nombre de grains désirés dans le couvercle et on porte le couvercle à la bouche. C'est pour cette raison qu'il n'est pas bon d'utiliser le tube de son voisin.

Le plus souvent on se contente de laisser fondre les petits grains de sucre sous la langue, car l'absorption se fait très rapidement par ce moyen. La menthe et les épices rendraient impossible cette absorption, aussi conseille-t-on un dentifrice sans menthe. Mais il convient de savoir que si votre enfant croque et avale les granules, ce n'est pas grave. L'absorption du médicament se fera comme pour l'Allopathie, par l'estomac et l'intestin.

Cependant la prise des granules ne peut être habituellement renouvelée car HAHNEMANN a écrit (Organon par. 247) « Il convient absolument d'éviter de répéter, même une seule fois, la prise du remède à un degré identique de dynamisation. »

De sorte que, lorsqu'on veut répéter la prise d'un remède, surtout à intervalles rapprochés, il convient de le préparer sous une forme qui permette d'exalter le degré de puissance du remède, donc de faire une dynamisation entre chaque prise (Organon par. 248 et préface de la seconde édition française du « Traité des maladies chroniques » de HAHNEMANN).

Mode de préparation des remèdes homéopathiques pour en renforcer l’action,

- On prend une bouteille de verre propre, soit délivrée par le pharmacien spécialisé, soit une bouteille d'une eau non gazeuse et très faiblement minéralisée (type Evian).

- On met dans la bouteille le remède. Si celui-ci se présente en granules, on verse la moitié du tube de granules, environ 40 granules, mais ce n'est pas à 10 ou 20 près. Si le remède se présente en dose, on verse la totalité de la dose.

- On verse dans la bouteille quatre vingt dix gouttes d'alcool absolu, on mélange doucement.

- On ajoute environ 1/4 de litre d'eau du robinet ou d'eau type Evian (non gazeuse, faiblement minéralisée).

- Là où arrive le liquide dans la bouteille, vous tracez un trait horizontal pour marquer le niveau du liquide.

- Chaque fois que vous vous servirez de la bouteille vous réaliserez une succussion en frappant énergiquement le cul de la bouteille sur un livre, dix fois avant l'usage, et dix fois après l'usage.

- Chaque fois que vous vous servirez de la bouteille vous réaliserez une dilution en replaçant dans la bouteille la même quantité d'eau que celle que vous venez de prélever dans le liquide médicamenteux.

- Donc pour chaque usage

Secouez dix fois
Versez la quantité voulue,
Remettez de l'eau jusqu'au trait,
Secouez dix fois.

Succussion + dilution = dynamisation.

- La quantité de liquide qu'il convient de prendre est habituellement d'un demi verre ordinaire. Mais pour le nourrisson, elle peut être d'une cuillerée à café. En fait la quantité a peu d'importance.

- Le traitement terminé, vous jetez la bouteille qui est toujours au niveau de départ. Cette forme médicamenteuse ne se conserve pas; c'est pour cette raison que vous ne la trouvez pas dans le commerce.

- e) le moment des prises.

Il vaut mieux prendre le remède loin des repas et de la période de digestion.

D'une façon générale, on peut prendre les remèdes jusqu'à une demi heure avant les repas. Après les repas, il vaut mieux observer une période de deux heures avant de prendre le remède.

Mais bien sur il s'agit là de conditions optima qui ne sont pas toujours réalisables et on peut être amené à prendre un remède au cours de repas.

Pour les prises peu fréquentes, le meilleur moment est le coucher.

On peut également prendre avantageusement un remède au lever, mais à condition de ne pas prendre son café ou son petit déjeuner immédiatement après.

Dans les cas aigus, on prend le remède le plus vite possible.

Dans les cas chroniques, on essaie de choisir le moment où on va commencer son traitement puisqu’on soigne un mode réactionnel, donc quelque chose qui est en vous depuis avant votre naissance. Par exemple, si on doit faire un voyage ou traverser une période particulièrement mouvementée ou difficile, et si on peut attendre un peu, on commencera le traitement lorsque la vie aura repris son cours normal. D'autre part, si vous avez prévu quelques grands repas où vous avez l'intention de vous rendre malade pour ne rien perdre de la vie, ou quelques grandes beuveries où vous comptez vous saouler comme un soldat russe, attendez plutôt d'être remis de vos excès.

Enfin, si vous avez un traitement allopathique en cours et que vous avez l'intention de l'arrêter, faites d'abord cet arrêt, observez en les effets quelques jours avant de commencer votre traitement homéopathique. Dans ces conditions vous serez mieux à même de renseigner votre médecin sur les réactions provoquées par votre traitement et sur les chemins que prendra votre guérison. Si vous consultez pour un eczéma que vous avez supprimé par une pommade à la cortisone, vous savez que toute tentative d'arrêt se soldera par une réapparition de l'eczéma. Faites d'abord cet arrêt, si vous le pouvez. Après quelques jours vous aurez plus de boutons, mais vous pourrez commencer un traitement qui agira sur la cause et visera la guérison. Vous pourrez juger de son effet sur votre peau et sur le reste de votre organisme.

Les renseignements que vous donnerez alors à votre médecin indiqueront vos facultés de réaction et seront des plus précieux pour la poursuite du traitement.

Bien entendu il arrive qu'on ne puisse arrêter brusquement un tel traitement cortisonique et qu'on rencontre des difficultés insurmontables d'ordre esthétique par exemple, mais surtout en raison des démangeaisons. Alors il convient d'en discuter avec votre médecin. De la même façon on ne saurait arrêter brusquement un traitement pour l'asthme par la théophylline, ni un traitement pour l'insomnie par des tranquillisants. Il faudra savoir se contenter de diminutions progressives.

f) le rythme des prises.

Dans les cas aigus, le remède peut le plus souvent être pris toutes les heures, Ce délai n'est pas un horaire de train, et vous n'êtes jamais à 10 ou 20 mn près. Il ne se produira aucune catastrophe si vous sautez une prise. Bien sûr1 il ne convient pas de vous réveiller ou de réveiller votre enfant pour prendre les remèdes; le sommeil, s'il est naturel, est un bien précieux pour le malade.

Dès que se dessine une amélioration, il faut espacer les prises. Le médecin vous donnera les indications nécessaires.

Dans les cas chroniques, ce que je propose personnellement quatre prises par jour : au réveil, au coucher, vers 10 heures et vers 15 heures environ, pendant une durée de cinq jours. Encore une fois les horaires sont donnés à titre indicatif Si vous les modifiez, cela n'a pas d'importance pourvu que vous restiez à bonne distance des repas, comme indiqué plus haut. Si vous ne prenez que trois prises par jour, il n'y a rien de grave.

g) la durée du traitement.

Dans les cas aigus, elle est uniquement fonction des réactions de l'organisme. Il ne peut y avoir de règle car ces réactions sont différents pour chaque individu et pour chaque remède1 C'est pourquoi on demande aux malades de téléphoner régulièrement au Médecin.

Là encore les habitudes des malades sont heurtées. Il y en a que cela ennuie parce que ce n'est pas facile. C'est alors une question de choix ; médecins et malades sont plus tranquilles quand on utilise un antibiotique : on soigne tout avec cela, même les maladies qu'on n'a pas et les complications qu'on pourrait faire.

La plupart des malades attendent du médecin des ordres alors que de son côté, il attend d'eux des informations. Il vaut donc mieux que ce soit la personne malade qui téléphone elle-même.

Dans le cas d'un enfant, il est préférable que ce soit la personne qui a gardé l'enfant et pas le père à qui on demande, en rentrant du travail "Va donc téléphoner au docteur pour lui demander ce que je dois faire avec le petit". D'autre part, si la température d'un enfant est intéressante à connaître à titre indicatif, c'est surtout son état qui est la vraie préoccupation et qu'il convient donc de me décrire, toujours en cherchant à noter ce qui différencie cet enfant des autres dans ses réactions. Il ne s'agit pas de raconter sa journée, mais de dire ce qui a été frappant dans sa journée.

Enfin lorsqu'on téléphone au Médecin homéopathe, il est possible qu’il ait à modifier la prescription. Il est donc utile de lui indiquer de quelle prescription il s'agit et de prévoir un papier et un crayon. Il n'y a rien de plus ennuyeux pour le médecin qui interrompt une consultation pour vous répondre et écouter attentivement votre problème, que de devoir attendre que vous ayez fait le tour de votre maison et de celle du voisin à la recherche d'un crayon qui marche pour noter une prescription.

Dans les cas chroniques , il est habituel de proposer l'utilisation de la bouteille pendant de 5 jours.

Il convient de téléphoner au Médecin homéopathe s'il se produit quelque chose d'inhabituel ou si de nouveaux symptômes apparaissent : il vaut mieux appeler pour rien que de continuer à souffrir ou aller chez le pharmacien.

Ce qui est le plus important à savoir, c'est que, après avoir terminé votre bouteille, le remède continue à agir en vous pendant une période qui varie pour chaque remède mais qui peut aller jusqu'à soixante jours, voire quatre vingt dix jours. Ce n'est donc pas parce que vous avez arrêté un traitement que vous n'avez plus de traitement. Il est possible qu'il faille vous redonner le traitement plus ou moins rapidement, ou changer de traitement. Cela dépend encore une fois des réactions de votre organisme et le médecin en juge en fonction de nombreux facteurs. Mais vous n'êtes pas sans traitement. De toute façon l'Homéopathie par son action, modifie des choses en vous et si vous savez bien observer, vous ne serez pas tout à fait pareil après avoir pris un traitement, s'il a été judicieusement choisi.

h) les réactions au traitement.

Vous avez pu constater que le mot qui revient le plus souvent lorsque je vous parle de l'action de l'Homéopathie, c'est le mot réaction de l'organisme. Alors il convient de définir quelles peuvent être ces réactions après le traitement.

Certains disent qu'il n'y a pas de réaction. Il faut ranger ces médecins dans deux catégories.

D'une part, il y a ceux qui prescrivent un grand nombre de remèdes à des hauteurs variées de dynamisation et donc d'énergies inégales et de direction différentes ; il est alors impossible de faire un tri entre ce qui revient à l'évolution de la maladie à traiter et ce qui revient aux nombreuses réactions induites dans l'organisme aboutissant en fin de compte à une inhibition réciproque à donc une limitation des facultés de réaction. Il est évident que cela n'est pas souhaitable.

D'autre part, il y a ceux qui ont une tellement grande science de l'Homéopathie qu'ils arrivent, tel un grand musicien, à harmoniser parfaitement l'ampleur des deux énergies qu'ils manient celle de la maladie naturelle et celle de la maladie médicamenteuse (TESTE). C'est le but recherché par tous, mais atteint exceptionnellement.

En fait, l'expérience et l'écoute attentive des malades montre que ces réactions sont fréquentes, douces et même salutaires. Le médecin et le malade doivent savoir les observer pour en tirer parti et connaître l'efficacité du traitement et les réelles capacités de guérison du malade.

Les malades racontent très bien leurs réactions au remède. Certains peuvent dire qu'ils ont l'impression de revivre leur vie comme un film à l'envers. Je suis surpris qu'il y ait des médecins pour en rire. Comment ne pas avoir l'esprit mis en éveil par une telle remarque? Comment pourrait-on y voir l'effet du hasard lorsque cela se répète si souvent ?

Il peut y avoir quelques fois une aggravation passagère de la maladie. Un peu comme si la maladie du médicament s'ajoutait à la maladie naturelle. Mais la maladie médicamenteuse est toujours de faible durée et toujours contrôlée parfaitement par le médecin.

Surtout elle est salutaire et c'est elle qui assure la vraie guérison.

Ainsi votre enfant, après la prescription d'un remède homéopathique passe très probablement une bonne nuit car, dès les premières prises, son organisme a mis en route le processus de la guérison. Mais si la maladie est très avancée, vous pouvez avoir l'impression que votre enfant est un peu plus agité ou un peu plus fiévreux. Ne vous affolez pas. Cela ne veut pas dire que sa maladie s'aggrave. Regardez calmement les choses et vous observerez des signes qui indiquent que les choses évoluent dans le sens général de l'amélioration. Par exemple, l'enfant sera un peu plus agité, mais il sera moins fiévreux ou souffrira moins. Par exemple, il sera plus fiévreux , mais il aura moins mal et sera plus calme. Le lendemain matin, avec votre Médecin homéopathe, vous tirerez les conclusions de ces réactions de la nuit qui ne doivent pas être angoissantes. De toute façon, parce que nous en avons observé avec soin des milliers de cas, nous savons que ces aggravations ne sont jamais dangereuses mais toujours de faible durée et indiquent que la cible est atteinte.

Parfois le malade fait une réaction qui indique qu'il est très sensible au remède qu'il vient de recevoir, c'est-à-dire que ce remède lui convient très profondément, mais que la prolongation des prises médicamenteuses provoque une maladie uniquement médicamenteuse dont les symptômes s'ajoutent réellement à la maladie.

Je me souviens d'un enfant qui avait une rhino-pharyngite avec otite et qui avait reçu - comme je l'ai fait des milliers de fois -Chamomilla. Or cet enfant a fait une réaction que je pouvais comprendre mais que je n'avais jamais observée. Le lendemain matin, en effet, on m'informait que la fièvre avait baissé en quelques heures, que l'enfant n'avait plus mal, mais que l'écoulement nasal persistait, ce qui est bien naturel. J'ai demandé de poursuivre le remède. Après 24 heures on me disait que l'enfant, toujours sans fièvre et sans douleur, par ailleurs en pleine forme, ne voulait plus dormir. Dès qu'on le couchait, c'était des hurlements terribles. Il pouvait s'endormir assis, mais si on profitait de son sommeil pour l'allonger, il se mettait à hurler. Cela correspond à ce qu’on observe lors d’intoxication ou d’essais médicamenteux par Chamomilla. Il m'a suffit de demander à la famille d'arrêter le traitement pour que tout rentre dans l'ordre. Cet enfant était donc très sensible à Chamomilla et ce remède semble correspondre à son tempérament; il lui rendra encore service dans de nombreuses occasions mais cette expérience nous permettra d'en moduler la prescription.

Une autre fois j'avais affaire à une dame qui n'était pas du tout une fervente de l'Homéopathie et qui, ce qui plus est, m'appelait parce qu'elle n'avait pu joindre son médecin habituel. Je lui ai prescrit Colocynthis et comme je ne voulais pas lui donner trop d'explications, je lui ai dit simplement de me prévenir quand cela irait mieux. Malheureusement le traitement a été poursuivi après l'amélioration, et j'ai vu arriver chez moi une dame qui ne pouvait plus bouger et dont le sacrum était absolument bloqué. Là encore, il a suffit d'interrompre Colocynthis pour que très rapidement tout rentre dans l'ordre.

Fort heureusement des histoires comme celles-là sont rares dans la vie d'un Homéopathe, mais il s'en produit probablement chaque jour de moins spectaculaires. Seul le médecin vigilant, qui connaît parfaitement les règles qui régissent l'Homéopathie, peut aider son malade dans des cas semblables.

Les nouveaux symptômes de l'aggravation homéopathique prennent donc des aspect divers mais toujours instructifs.

Dans certains cas cela se présente d'une façon aiguë, comme si l'organisme voulait se débarrasser de quelque chose. Un malade peut faire une diarrhée, un autre un écoulement nasal. Là encore, l'expérience montre que ce genre de réaction est suivi d'une amélioration de très bonne qualité ou d'une guérison.

Cependant il ne faut pas chercher à limiter ou supprimer cette réaction. On ne doit pas fermer les valves des égouts, car alors il est possible qu'on n'arrivera plus à obtenir une libération de l'organisme.

Il en va de même lorsqu'une éruption apparaît après un traitement homéopathique. Alors les malades courent chez un dermatologue immédiatement. Le plus souvent en l'absence de diagnostic précis ils reçoivent une pommade à la cortisone, sorte de gomme à effacer toutes les maladies de peau et que n'importe qui peut vous conseiller sans avoir fait d ' étude.

Pourtant nous savons que la peau n'est jamais malade par elle même mais toujours en reflet de ce qui se passe à l'intérieur, de sorte que le meilleur dermatologue est un interniste.

L'éruption disparaît mais l'organisme exprime par une maladie plus profonde ce qu'il voulait dire au niveau de la peau. Habituellement les effets nocifs de cette fausse manoeuvre n'apparaissent pas immédiatement, mais les malades sont légions qui racontent que tous leurs troubles ont débuté après une maladie de peau traitée de cette façon. Quoiqu'il en soit, lorsque le malade raconte, quelques mois après, à son Médecin homéopathe, que le traitement administré a été suivi d'une éruption traitée par un dermatologue, il peut voir le sourire du médecin s' évanouir.

En effet une erreur lourde de conséquences vient d'être commise.

Dans d'autres cas les réactions sont moins spectaculaires mais elles n'en sont pas moins valables. A tel malade cardiaque, on aura prescrit un remède qui aura permis d'avoir moins d'essoufflement et moins de douleurs; mais quelques jours après sera apparue une douleur du genou par exemple. Ce peut être un fait nouveau ou la réapparition d'une ancienne douleur qui n'avait pas été traitée homéopathiquement. Il ne faut surtout pas prescrire un traitement ou une pommade qui supprime cette douleur car le retour de la maladie cardiaque est assuré. Il faut laisser agir le médicament qui a apporté l'amélioration du cœur et de l'état général. Lorsque ce remède aura terminé son action, il conviendra d'observer les symptômes de la maladie cardiaque et ceux de la douleur. Si elle subsiste (car elle peut très bien évoluer, elle aussi, vers la guérison), on jugera alors s'il convient de prescrire un nouveau remède ou s'il est préférable de redonner le même remède, tant il est illogique de changer un traitement aussi longtemps qu'on n'a pas tiré de lui le maximum de son action.

Ainsi, lorsque le malade me quitte après une prescription homéopathique, je lui rappelle toujours que je prends en charge la totalité de son organisme et que j'attends de lui qu'il me mette au courant de chaque chose concernant sa santé, même si cela lui semble totalement éloigné de la raison qui l'a amené à me consulter, même s'il croit devoir consulter un spécialiste plus compétent que moi.

Par les aspects multiples qu'elle peut prendre dans son type, dans son intensité, dans sa durée, l'aggravation médicamenteuse a le mérite de renseigner le médecin sur les capacités de réaction du malade et donc lui indiquent les précautions qu'il devra prendre dans la continuation du traitement.

L'Homéopathie a pour but la guérison

Apprendre à observer ses symptômes, apprendre à observer ses réactions au traitement, c'est le prix qu'il faut payer pour tirer le meilleur profit de cette médecine.

Cela me semble moins coûteux que le prix payé chaque jour aux médicaments pour une palliation ou une fausse guérison dans laquelle l'organisme épuise ses forces.

Mais cela ne peut se faire sans l'aide d'un médecin. Vous pouvez faire vous-même la peinture de votre appartement; Si c' est raté, vous pouvez recommencer. Vous pouvez réparer vous même votre voiture; si vous échouez, vous pouvez toujours aller chez le garagiste. Bien évidemment pour la santé, il n'en va pas de même. C'est un bien trop précieux pour le confier à votre instinct ou a des prescripteurs non rigoureux.

Le médecin qui respecte l'Homéopathie, respecte son malade et ne saurait lui nuire; il sera son meilleur guide vers la guérison.

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ANDREVA DUVAL J.- - Introduction aux techniques ostéopathiques
1975 Editions Maloine (Paris

- OSTÉOPATHIE ET OSTÉOPATHIE -

OSTÉOPATHIE MANIPULATIVE
- La vertèbre déplacée, ça n'existe pas. - Qu'est-ce qui fait mal dans le dos ? - Tordu comme un ruban
- Conséquences des manipulations. - Conclusions sur les manipulations.

OSTÉOPATHIE NON MANIPULATIVE
- Un instrument révolutionnaire. - Le corps est un tout. - Un traitement simple. - L'arthrose peut se soigner.
- La colonne vertébrale. - La position du corps. - L'Articulation Temporo-mandibulaire.

kinesiologie

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